Carlyle, Joseph-Dacre (1800)

An account of the Greek Manuscripts of the late Professor Carlyle

1800

Joseph Dacre Carlyle (1759-1804), professeur d’arabe à Cambridge, est nommé en 1799 chapelain de l’ambassade britanique à Constantinople, sous l’ambassadeur Thomas Bruce, 7e comte d’Elgin. Chargé de collecter des manuscrits grecs et orientaux dans les différentes bibliothèques de l’Empire, Carlyle, accompagné de Philip Hunt, visite au cours de son séjour dans la capitale ottomane les monastères des Îles des Princes, où il obtient un certain nombre de livres. Ses recherches le conduisent aussi en Palestine, en Asie Mineure, en Grèce et en Italie. Parti de Constantinople en 1801, il meurt à Londres en avril 1804.

Les manuscrits réunis par Carlyle durant son séjour en Orient constituent actuellement un fonds particulier qui se trouve à la bibliothèque des archevêques de Cantorbéry au Lambeth Palace de Londres.

Texte français : Jean-Pierre Grélois

(1) Extrait d’une lettre de J.-D. Carlyle à l’évêque de Durham, 12 octobre 1800.

Les couvents des îles des Princes ne contiennent pas de manuscrits valables ou antiques ; une copie moderne de l’une des pièces éditées de Sophocle était le seul exemple d’un auteur classique. Je n’ai pas non plus pu découvrir quoi que ce soit d’important dans les bibliothèques des princes grecs mais je n’ai nullement fini mes recherches parmi elles, ni vu aucune des bibliothèques de ce genre mentionnées par M. Hawkins. J’ai toute confiance de pouvoir faire une revue complète des bibliothèques patriarcales. Je me suis déjà assuré d’y avoir accès, mais j’ai remis à plus tard pour plusieurs raisons leur examen, tant que je n’aurai pas eu accès à celle du Sérail. Je confesse, Monseigneur, avoir plus d’espoir de découvrir des manuscrits importants dans ces bibliothèques qu’en aucune autre dans le pays, à la fois à cause de leur taille, de la position de leurs possesseurs et du fait qu’elles ont été jusqu'à présent, pour autant que je comprenne, si peu explorées.

(2) Extrait d’une lettre de J. D. Carlyle  à l’évêque de Lincoln, 29 (sic) février 1801.

J’ai examiné et catalogué les manuscrits de la bibliothèque appartenant au patriarche de Jérusalem, la plus grande, je crois, de l’Empire, et j’ai obtenu la permission d’emporter en Angleterre quelques-uns de ceux que je juge les plus valables. Le reste, au nombre de 130, est principalement constitué d’homélies, de livres liturgiques et d’écrits de controverse contre l’Église romaine. J’ai de même examiné les bibliothèques (si l’on peut les appeler ainsi ) des couvents des îles des Princes, ainsi que celles de Constantinople, et j’ai pu (et, assuré-je Votre Seigneurie, je n’en ai même pas volé un seul) obtenir 29 manuscrits grecs des Évangiles et des Épîtres. Nous n’avons eu que trois manuscrits de littérature profane : un Libanios, un Eutrope (avec continuation) et une histoire du siège de Thessalonique par les Latins au temps du comte Baudouin. La plupart des manuscrits sont sur vélin, et certains indubitablement très anciens…

Texte anglais: R. Walpole, Memoirs Relating to the European and Asiatic Turkey, Londres, 1817, p. 176, 185-186.

(1) To the Bishop of Durham

Bouyukdere, Oct. 12, 1800.

… The convents in the Princes Islands contain no MSS. of any value of antiquity ; a modern copy of one of the edited plays of Sophocles was the only appearance of a classical author ; nor have I as yet been able to discover any thing of consequence in the libraries of the Greek Princes here ; but I have by no means finished my investigations amongst them, nor have I seen either of the libraries of that kind mentionned by Mr. Hawkins.I trust I shall be able to make a very complete survey of the Patriarchal libraries ; I have already secured my admission into them, but I have on many accounts postponed examining them till after my being admitted to that of the Seraglio. I confess, my Lord, I have more hopes of discovering MSS. of consequence, in these libraries, than in any others in the country, both on account of their magnitude, the situation of their possessors, and their havin g been hitherto (as far as I understand) so little explored...

(2) To the Bishop of Lincoln

British Palace, Pera, Feb. 29, 1801.

… I have examined and taken a catalogue of the MSS. In the library belonging to the Patriarch of Jerusalem, the largest I believe in the empire, and have even obtained permission to carry a few of those which I judged most valuable to England. The rest, consisting of 130, are made up chiefly of homilies, books of offices, and controversial writings against the Roman church.I have likewise examined the libraries (if such they may be called) contained in the convents of the Princes’Islands, as well as those in Constantinople, and have been able (and, I assure Your Lordship, I have not stolen even one) to obtain twenty-nine Greek MSS. Containing the Gospels or Epistles. We have only gotten three MSS. On profane literature, viz. a Libanius, an Eutropius (with a continuation), and a history of the siege of Thessalonica by the Latins, in the time of Count Baldwin. Most of the MSS. are upon vellum, and some undoubtedly very ancient…