Istanbul, Patriarchikè Bibliothèkè, Hagia Trias 7

Sainte-Trinité 7

Istanbul, Ste Trinité 7. Milieu du 14e siècle, papier, 215 × 165-170 mm, ff. 445.I.

Évangéliaire

1 (ff. 1-271) Synaxaire, lectures pour les fêtes mobiles, de Pâques jusqu’au Samedi saint (Gregory, I, p. 344-363, avec plusieurs divergences) : 1(ff. 1-36v) Jean ; après le f. 31v, lacune (1 cahier) entre πῶς ἠνεώχθησανσαν σου (Jn 9,10 : dimanche de l’Aveugle) et γεωρ]γός ἐστιν πᾶν κλῆμα (Jn 15,1 : 7e lundi). 2(ff. 36v-106) Matthieu ; lacune (2 f.) après le f. 53v, entre ἀναστήσονται ἐν τῇ κρίσει με (Mt 12,41 : 5e mercredi) et χώραν τῶν Γεργεσηνῶν  ὑπήντησαν (Mt 8,28 : 5e dimanche). 3(ff. 106-160) Luc. 4 (ff. 160-202) <Marc> (son nom n’apparaît qu’à partir du 17e lundi). 5(ff. 202-215) Samedis et dimanches de Carême. 6(ff. 215-241v) Semaine sainte ; après le f. 230v, lacune (6 f.) entre καὶ ἀπέκρυψεν (Mt 25,18 : vêpres du Mardi saint) et ὑμῖν ἄνθρωπος κεράμιον (Mc 14,13 : matin du Jeudi saint). 7(ff. 241v-259v. 261r-v. 260r-v. 262-263v) 12 évangiles de la Passion ; après le f. 255v, lacune (2 f.) entre εἶπεν οὖν αὐτῷ ὁ (Jn 18,37, 4e évangile) et ἔξε]στιν βαλεῖν αὐτὰ (Mt 27,6 : 5e évangile). 8(ff. 269-271) Heures du Vendredi saint, lectures pour l’office du soir du Vendredi saint. 9 (ff. 269-271) Samedi saint.

2 (ff. 271-442) Ménologe, lectures pour les fêtes fixes (Gregory, I, p. 365-384, avec de nombreuses divergences). 1(ff. 271-299v) septembre. 2(ff. 299v-319) octobre. 3(ff. 319-338v) novembre. 4(ff. 338v-361) décembre. 5(ff. 361-380v) janvier. 6(ff. 380v-385v) février, des. mut. (lacune d’au moins 1 cahier) καταλῦσαι ἀλλὰ πληρῶ[σαι (Mt 5.17 : 12 février). 7(ff. 386-387v) <mars>, inc. mut. ἡμέ]ρας καὶ τὸν καύσωνα (Mt 20.12 : <9 ?> mars). 8(ff. 387v-394) avril. 9(ff. 394-403v) mai, des. mut. (lacune de 4 ou 6 f.) ἡ δὲ προβιβασθεῖ[σα (Mt 14.8 : 25 mai). 10(ff. 404-423v) <juin>, inc. mut. ἀποστέ]λλειν δύο δύο (Mc 6.7 : <11> juin) ; lacune (2 f.) après le f. 411v, entre ταῦτα ἀνθ’ὧν οὐ (Lc 1, 20 : 24 juin) et πόλεως ἐκείνης (Lc 9.5 : 28 juin). 11(ff. 413v-426v) <juillet> [μηνὶ ἰουνίου]. 12(ff. 426v-442) août.

3 (ff. 442-445v) Lectures des évangiles pour diverses circonstances : εἰς ἐγκαινία ναοῦ, εἰς σεισμόν, etc. (cf. Gregory, I, p. 384-386, avec différences) ; des. mut. εἰς λιτὴν ἐπὶ ἀνομβρίας …καὶ ἐλθόντες οἱ μαθηταὶ (Mt 16.5).
 

Matière. Papier non filigrané, peu épais, de bonne qualité, à vergeures fines. Vergeures horizontales (** mm par groupe de 20) , fils de chaîne regroupés alternativement par groupes de 2 ou 3 (écart des fils de chaîne env. 12 mm ; écart des groupes env. 44 mm). — (f. I).papier filigrané à vergeures fines. Vergeurs horizontales (18 mm par groupe de 20) ; fils de chaîne écartés de 20 mm. Filigrane : Croix latine dans un écu accompagnée des lettres A-D, sans équivalent dans les répertoires (mais les motifs voisins indiquent une datation dans les années 1570-1590 : cf. Piccardonline 125946-125947, 125949, Sosower croix latine 5-24). — État de conservation très bon, malgré quelques trous laissés par les vers. Quelques restaurations avec des languettes de papier.

Foliotation. Foliotation intégrale à la mine de plomb faite en 2011, de 1 à 445 et garde finale I.

Cahiers. 60 cahiers. Les deux premiers cahiers sont artificiels (folios montés sur onglets) : 1 × 4 (1-4). 1 × 3 (5-7, sans lacune). 3 × 8 (8-31). Perte d’un cahier. 2 × 8 (32-47). 1 × 8 - 2 (48-53 : perte des 2 derniers f.). 22 × 8 (54-229). 1 × 8 - 6 (230-231 : perte des 6 f. centraux). 3 × 8 (232-255). 1 × 8 - 2 (256-261 : perte des 2 premiers f. ; les f. 260 et 261 doivent être intervertis). 1 × 6 (262-267). 7 × 8 (268-323). 1 × 6 (324-329). 7 × 8 (330-385). Perte d’au moins 1 cahier. 2 × 8 (386-401). 1 × 2 (402-403 : 2 premiers folios d’un ternion ou d’un quaternion). 1 × 6 (404-409). 1 × 8 - 2 (410-415 : perte des 2e et 3e f.). 1 × 6 (416-421). 3 × 8 (422-445).

Signatures. Pas de signatures visibles.

Mise en page.  2 colonnes, 23-24 lignes, surface écrite 165 × 47 mm par colonne, entrecol. 17 mm.

Écriture. Un seul copiste, qui peut être identifié avec <Démétrios Rômanitês> (RGK I 100, III 174), dont l’écriture est typiquement chypriote. — Encre noire très foncée. Rubrication vermillon : titre, initiales et, sporadiquement, notation ekphonétique.

Décoration. Assez sobre, bicolore (vermillon et noir) : Pylê à motif de vannerie (f. 1), bandeaux souvent simples formés d’une ligne ondulée, parfois plus développés, avec torsades et fleurons (par ex. f. 271). Initiales rubriquées, en générales très sobres (parfois oubliées), parfois plus développées, avec des motifs végétaux.

Annotations. Essais de calame f. 60v. Par une main de la fin du 14e ou du début du 15e siècle, diverses notes, comblant une omission (f. 115) ou de nature liturgique (ff. 359v, 366, 370v). Par une main malhabile, avec une mauvaise orthographe, note liturgique en grande partie rognée dans la marge sup. du f. 150v. Quelques mots arabes de nature liturgique ff. 326 (au niveau de la lecture pour le 13 novembre) et 377 (pour le 25 janvier). Sur la contregarde supérieure, nom d’un certain hiéromoine Papadamascênos Manolakês : παπαδαμασκηνος ἱερομοναχος | μανολακης. Même note dans le Trin. 60, et nombreuses annotations mentionnant ce personnage dans le Trin. 28 et le Panaghia 66. Manolakês devait être un moine de la Sainte-Trinité.

Reliure. De technique byzantine, datable de la seconde moitié du 16e siècle (d’après le filigrane de la garde finale), presque totalement détachée du volume. Ais de bois (env. 220 × 160 × 60 mm), chants non rainurés. Pas de coiffe. Tranchefile écrue. Dos plat, renforcé par une toile, originellement fixé par trois attaches (seules celles du plat postérieur subsistent). Couvrure de cuir rouge (bruni), remplis irréguliers mais retaillés. Décor du plat supérieur : cadre formé de fers à motifs végétaux ; au centre, grande croix avec les mêmes fers ; dans les angles du cadre et de la croix : fleurons (fleurs de lys). Plat inférieur : simple cadre (mêmes fers à motifs végétaux, et mêmes fleurs de lys dans les angles). Traces de deux fermoirs en gouttière (reste d’un piton sur le chant du plat supérieur et reste des lanières sur le contreplat inférieur).

Histoire. L’identification de son copiste permet d’affirmer que le manuscrit a été copié à Chypre, vers le milieu du 14e siècle : c’est un jumeau du manuscrit Pano Leukara, naos Staurou, 1, évangéliaire attribuable à Démétrios Rômanitês et daté de 1345-1346 (cf. Constantinides-Browning, p. 203-205 et pl. 78, 188b : no 48). C’est sans doute également sur cette île qu’il reçut une annotation en arabe (voir Annotations). Sa reliure actuelle remonte probablement à la seconde moitié du 16e siècle. Nous ne disposons pas d’information explicite sur la manière dont le manuscrit est entré dans ce monastère (peut-être par l’intermédiaire d’un moine originaire de Chypre) ni sur l’époque où cela se produisit.

Bibliographie. Aland l 776 ; Tsakopoulos p. 5, n° 5.