Covel, John (1675 et 1677)

John Covel

6-16 octobre 1675

22-26 février 1677

Né dans le Suffolk en Angleterre en 1638, John Covel fait des études de botanique, de médecine et de théologie au Christ’s College de l’université de Cambridge où il obtient une chaire dès 1661 après être entré dans les ordres. Nommé en 1669/1670 chapelain de la Levant Company of Turkey Merchants qui avait le monopole du commerce anglais dans l’Empire ottoman ainsi que la gestion de l’ambassade auprès de la Sublime Porte, il reçoit la mission d’enquêter sur la doctrine de l’Église d’Orient à propos de la transsubstantiation. Parti en 1670, il effectue un long séjour dans la capitale ottomane et fait plusieurs voyages à l’intérieur de l’Empire, avant de revenir en Angleterre, en passant, entre autres, par la France, en janvier 1679. Pendant la dernière période de sa vie il se consacre à son enseignement universitaire. Covel meurt en décembre 1722.

Vendues avec sa bibliothèque au comte d’Oxford en 1716, ses notes contenant ses nombreuses et savantes descriptions de son voyage dans l’Empire ottoman se trouvent dès le 19e siècle au British Museum cataloguées sous les cotes Add. 22910 à 22914.

Dans la partie consacrée à son voyage de Constantinople à Brousse, Covel dit avoir passé une nuit au monastère de la Panaghia Kamariotissa à Chalki d’où il décrit l’île voisine d’Antigone avec un ancien monastère délabré.

Dans la partie consacrée à son voyage à Nicomédie, Covel dit s’être arrêté aux îles des Princes, sur le chemin du retour à Constantinople. Il visite Prinkipo et Chalki et à cette occasion il se rend dans leurs monastères (respectivement ceux de la Transfiguration et de Saint-Georges, puis de la Panaghia Kamariotissa et de la Sainte-Trinité) à la recherche de manuscrits grecs anciens. Son impression générale est que toutes ces bibliothèques avaient été pillées. Seuls quelques livres subsistent à la Panaghia et à la Sainte-Trinité, qu’il énumère dans deux listes séparées. Même incomplets, ces deux inventaires constituent une source précieuse quant aux livres présents dans ces fonds en 1677. En quittant Chalki le lendemain, Covel fait escale à Protè, dont il mentionne le monastère du Sauveur, propriétaire de l’ensemble de cette île.

Texte français: J.-P. Grélois (éd., annot., trad.), Dr John Covel, Voyages en Turquie 1675-1677, Paris, 1988, p. 140-143, 180-183, 314-329.

Vers les Îles des Princes, 6/16 octobre1675.

… Nous logeâmes cette nuit au monastère de Panagiotès à Chalkè. Depuis la colline qui porte un moulin à vent au sommet (la plus haute de toutes les Îles apparemment), celles-ci sont disposées de cette manière:

Chercher le Periplus Propontidis et Hellesponti de P. Gilles.

Les Grecs modernes appellent les cormorans karabitakidés.

Il y a eu un monastère sur Antigonè, mais il se trouve aujourd’hui délabré et réduit à une petite église dédiée à saint Jean. On y compte pourtant autant d’habitants que sur n’importe quelle autre île. Je n’avais ni boussole, ni d’autre instrument, j’ai donc dressé mon croquis à vue d’œil, et j’imagine qu’il est pourtant assez proche de la vérité ; mais comme j’étais à Chalkè, celle-ci me paraissait dès lors plus grande.

Vers Mudanya:

Le lendemain, 7/17 octobre, nous passâmes antre Antigonè et Chalkè pour venir en vue des côtes de Bithynie…

 

...

Au-dessus, ses armoiries, une fasce entre trois têtes de taureaux. La pierre a été gravée par un Turc, car elle porte au bas trois cyprès grossiers, selon l’usage du pays. Chalkè.

À Chalkè se trouvent trois monastères. Saint-Georges dans le village, la Sainte-Trinité sur la colline à l’est, la Vierge au nord-ouest entre deux collines. Celui-ci a été récemment réédifié par Panagiotès pour 20 moines. Hors de la porte d’entrée, à gauche, gît Sir Edward Barton. Sur sa pierre tombale, dressée 2 pieds environ au-dessus du sol, il y a l’épitaphe ci-dessus.

L’épitaphe de Panagiotès se trouve à la porte tout de suite en entrant dans l’église; elle est sculptée en relief à la manière grecque et écrite en caractères serbes (sic):

 

Le dimanche 25 février [= 7 mars 1677], nous allâmes dîner sur la grande île la plus éloignée, appelée Prinkipo ; elle fait 6 ou 7 milles de pourtour. Il y a dessus deux monastères et un petit village. Le premier monastère est celui du Christ-Sauveur. Il y vivait alors trois prêtres et quinze moines, bien que leur nombre varie en plus ou en moins en maintes occasions, comme on l’a évoqué. Il bénéficie d’un hattişerif et ne doit que quelques petits présents au subaşi, peut-être 5, 10 ou 15 thalers. Le second, appelé Saint-Georges et soumis à la dîme, n’est ni aussi grand, ni aussi riche que le premier. Les deux se partagent pratiquement toute l’île, le village ne disposant que de peu de terres. Ces monastères dépendent de Chalcédoine. Au sud-est de cette île, il y a un îlot rond nommé Antérobinthos, et au sud-ouest un autre plus petit du nom de Néandros.

Depuis le moulin à Prinkipo.

De là nous allâmes à Chalkè qu’une baie arrondie pénètre au sud-ouest ; vers le fond, nous trouvâmes tout au long du rivage des scories de vitriol en grandes quantités. L’île tout entière est de roche jaune, résistante et pesante. En montant, nous rencontrâmes un petit banc de coquilles d’huîtres pétrifiées, toutes agglomérées en un seul bloc. Et sur le flanc de la colline qui monte au monastère de la Vierge, il pousse en abondance de petits pins sylvestres bas, en grec moderne peuko, en turc çamaǧaç.

Voici 5 ou 6 ans, ce monastère eut l’infortune de brûler complètement, mais le drogman de feu le vizir, Panagiôtès qui est enterré ici, le fit rebâtir à ses propres frais. C’est un monastère stavropègiaque qui bénéficie d’un hattişerif ; il est le plus beau et le plus riche de tous ceux que nous avons vus. Il fut édifié une première fois par Jean Paléologue l’an du monde 6956, date où je relève l’emploi du sampi:

Cette inscription est placée là sur le mur nord de l’église ; les extrémités et les angles des lettres étaient fixées avec des goujons de plomb qui, lors du dernier incendie je suppose, ont fondu. Notre premier ambassadeur, Sir Edward Barton est enseveli hors de la porte extérieure à droite. Ses armoiries ont été grossièrement reproduites, mais j’y vois au chef trois têtes de cerf:

Trois cyprès à la turque.

Elle a été gravée par un Turc, ce qui explique toutes les erreurs d’écriture. Il y a aussi au pied trois cyprès, comme l’on met communément sur les pierres tombales turques.

Au-dessus du portail en entrant dans la cour, il y a cette inscription de Panagiôtès le drogman:

Pour l’inscription sur la tombe, voir ailleurs.

J’ai fouillé dans tous ces monastères à la recherche de manucsrits grecs anciens, mais j’ai pu vérifier ce que je prévoyais, à savoir que ces endroits ont été tellement pillés, mis à sac et, si j’ose dire, écrémés de tout ce qu’il y avait de bon, que sur ce point je perdis mes peines. Nous n’en trouvâmes aucun, sauf sur cette île, et c’est dans ce monastère et dans celui de la Sainte-Trinité qu’il y en a le plus. Les seuls livres de quelque valeur que j’ai vus ici sont un Lexique comme celui d’Hésychius (c’est peut-être celui-là, car il y manque le début et la fin), l’Histoire du concile tenu sous Photius, les Canons des Saints Conciles. Blastarès du Patriarcat d’Antioche et toute son histoire. Les autres livres sont les suivants:

  • La Vie de saint Jean Damascène, par Jean, patriarche d’Antioche.
  • Le Stichèrion, c’est-à-dire plusieurs hymnes et antiennes en usage dans l’Église grecque, avec la notation musicale, plusieurs copies.
  • Deux ou trois pièces d’Euripide, imprimées.
  • L’Eucologe, entier ou fragmentaire en nombreux exemplaires.
  • Les Psaumes avec un commentaire, grand in fo.
  • Grégoire de Nazianze, nombreux fragments et copies.
  • L’Évangéliaire, nombreux exemplaires.
  • Les Quatre Évangiles, plusieurs exemplaires, dont l’un avec un commentaire, mais sans intérêt pour nous à propos de Ceci est mon corps etc., Matthieu, Luc.
  • Jean Chrysostome, nombreux fragments et plusieurs copies.
  • Les Vies de quelques martyrs particuliers.
  • Apollonius de Rhodes, les Argonautiques, copie byzantine.
  • Les Épîtres de saint Paul, avec un commentaire, celui de Jean Chrysostome je suppose.
  • La Vie de sainte Barbe et d’autres.
  • Le Protévangile de Jacques.
  • Le Martyrikon, vies résumées des martryrs que l’on chante lors de leurs fêtes respectives.
  • Une autre masse de rebuts du même genre, comme des Ménées encore et toujours.
  • L’Oktôèchos de Jean Damascène, plusieurs exemplaires.
  • Les Actes des Apôtres, les Épîtres, plusieurs exemplaires dont l’un est une bonne copie ancienne.
  • Le Canon des Apôtres et les Constitutions apostoliques, plusieurs exemplaires.
  • Le Nomimon, recueil des canons traitant de la discipline de l’Église et des monastères (j’en ai vu des centaines, la plupart d’une compilation différente).
  • Quelques-uns seulement des Discours de Démosthène.
  • Les Encomia de plusieurs des Pères de l’Église par André, patriarche de Jérusalem.
  • Les Homélies de saint Jean Chrysostome, encore et encore.
  • Le Psautier, nombreux exemplaires dont un avec un commentaire en grand in fo.
  • Les Vies de plusieurs saints et d’autres, écrites par Jean Kolobos et d’autres.
  • Les Discours ascétiques de Jean Climaque.
  • Un fragment du Code et des Novelles.
  • Le Triôdion, en d’innombrables exemplaires.
  • Le Synaxaire, encore et encore.

Le monastère suivant est celui de la Sainte-Trinité. Il bénéficie lui aussi d’un hattişerif, en étant stavropégiaque. Il s’y trouvait les manuscrits suivants:

  • Les Quatre Évangiles avec le même contenu que ceux du monastère de la Vierge, mais mieux écrits.
  • L’Histoire de plusieurs persécutions.
  • Le Canon des Apôtres, avec commentaire.
  • Denys l’Aréopagite.
  • Les Homélies etc. de saint Jean Chrysostome, plusieurs exemplaires.
  • Le Commentaire de Procope sur le Cantique des cantiques.
  • L’Ecclésiaste, des extraits d'Origène et d'autres.
  • Grégoire de Nazianze, plusieurs exemplaires.
  • Le Martyrion.
  • Libanios, Sur Euripide.
  • Siméon Métaphraste.
  • La Vie d’Artémios qui souffrit sous Julien l’Apostat.
  • Sur tous les Prophètes, d’Hésychius, prêtre de Jérusalem.
  • Plusieurs Stichèra.
  • La Catéchèse à ses disciples par Théodore Stoudite.
  • La Vie d’un saint Père et d’autres.
  • Les Discours spirituels de Joasaph, traduits de l’éthiopien en grec par Jean Damascène.
  • Les Actes des Conciles en grec.
  • Homère, la Description de Denys, les Argonautiques d’Apollonius de Rhodes, le tout de mains modernes.

Il y a un autre monastère ici, Saint-Georges, qui est soumis à la dîme et qui dépend de Chalcédoine. Il contient aussi des livres, mais jugeant qu’ils devaient bien être du même acabit, je ne pris pas la peine de le visiter.

Le lundi 26 février [= 8 mars], nous quittâmes Chalki. Nous passâmes près d’Antigone pour arriver à Protè. Il n’y a là aucun village, mais seulement un monastère dédié à Notre Sauveur au sommet. Toute l’île lui appartient. Il n’y a pas de vignes, car elle ne présente presque partout qu’un sol nu et rocailleux. Le monastère, soumis à la dîme et stavropégiaque, compte 10 ou 15 moines. Il possède un beau troupeau de chèvres, avec alors plus de 30 jeunes chevreaux dans leur bergerie. Le sol y produit de bonnes olives, du lin et un peu de grain. En montant du côté de l’est, il y a un bassin, mais son eau n’est pas potable et ne dure pas toute l’année ; en effet il n’est alimenté que par la pluie et par la neige, tout en n’étant pas abrité comme une citerne. De ce côté-là, il y a eu une localité, mais tout est maintenant rasé au niveau du sol. Il y a sur toutes ces îles des puits ou des citernes, et autant d’eau potable que l’on en peut boire.

De là nous allâmes en direction du Fener.

Texte anglais: J.-P. Grélois (éd., annot., trad.), Dr John Covel, Voyages en Turquie 1675-1677, Paris, 1988, p. 140-143, 180-183, 314-329.

To the islands, October 6th 75.

… We lodged that night at Panagiotes’ monastery on Chalchis ; and, from the hill there with the windmill upon it (by appearance there the highest of all the Islands), the Islands lay after this manner:

Quære Gyllii Periplum Propontidis et Hellesponti.

The cormorants are cal’d in vulgar Greek καραβιτάκιδες.

There hath been a monastery upon Antigono, but now it is decaid, and shrunk to a little church dedicated to St. John. Yet there are as many inhabitants reckond there as upon any of them. I had no compasse or other instrument, but laid them down by my bare eye, yet I fancy they are very near the truth, unlesse being upon Chalchis caused me to make that biggest, it appearing so to my eye then.

To Montanea.

Next day, October 7th. We past between Antigono and Chalchis, and came under the shoar of Bithynia…

 

...

Above his armes : a fesse between thre buls heads. It was cut by a Turk, for at the bottome were thre rude cipresse trees as they use. Chalchis.

At Χάλχις are thre monastereyes : Ἁγίου Γεωργίου in the town ; Ἁγία Τριάδος upon the east hill ; on the north-west side between the two hills, τῆς Παναγίας, rebuilt lately by Panagioty for twenty καλόγεροι. Out at the door at the left hand entrance, lyes Sir Edoard Barton ; upon his tomb, raysed about 2 foot from the earth, is this epitaph above.

Just at the door entring the church there, is this epitaph to Παναγιοtes w[rot]e up, embost after the Greek manner, and wrote in Servian characters:

 

February 25th, Sunday. We went to dine at the farthermost great island ; cal’d Principe ; it is about 6 or 7 mile in compasse. It hath two monasteryes upon it, and a little village. The first monastery is Ἁγίου Σωτῆρος Xριστοῦ. There were three preists there and fifteen καλόγεροι, though (as hath been hinted) the number rise and fall upon many occasions. It hath hotasherif, and onely payes some little peskès to the subasha, perhaps 5, 10 or 15 dollars. The second is Ἅγιος Γεώργιος and is decimated ; it is not so large nor rich as the first. All the island in a manner is divided between them, the village having but little islands. Both these are under Chalcedon. To the south-east of this island is a little round one named Ἀνδρόφυτον, and to the south-west is another lesse cald Νέανδρος.

From the mil at Principe.

We went from thence to Chalchis. On the south-west side runs in a round bay, and by the end, al along the shore, we found great quantityes of blubber’d vitriol stone. The whole island is a hard yellow rock, the stone very heavy. Going up from thence, we found a little bank of petrifyed oystershells all baked together into the stone. And on the side of the hill up to Παναγία (the monastery) growes abundance of little low pine, or πευκο, Gr. Vulg., τζιὰμ-agatch the Turkes call it.

This monastery, about 5 or 6 yeares since, was unfortunately burnt down, and Panagiόty (the late Vizier’s dragoman), who lyes buryed here, rebuilt it at his own proper charges. It is σταυροπήγιον, and hath a hotasherif ; it is the best monastery, and richest of all we saw. It was first built by John Palaeologus in the year of the world 6956, where I take notice of the σάμπι:

This stands upon the north wall of the church there, and hath been studdyed at the ends and corners of the letters with lead, which with the late fire (as I conceive) have been melted away.

Our first embassador, Sir Edward Barton, lyes buryed without the outward gate to the right hand. His armes are rudely done, but I take them to be three stagge’s heads, above:

Three cypresse alla turchesca.

It was cut by a Turk, and thence come all the mistakes in the writing. And at the bottome are three cypressetrees, which are commonly put on the Turkes’ tombs.

There is, over the portall coming into the court, the inscription of Panagioty the dragoman:

The inscription upon his tomb, see elsewhere.

I search’t all these monasteryes for old Greek manuscripts, but what I surmised I now found true, that these places have been so rifled, and ransack’t, and (as I may so say) skimm’d of all that are good, as in that point I lost my labour. We found none but in this island, and in this monastery and τῆς Ἁγίας Τριάδος are most. Here the onely bookes that I saw were worth anything, are a Lexicon like Hesychius, and it may be the very same, for it wants beginning and ending. The History of the Synod kept under Photius, and lastly Κάνονες ἁγίων συνόδων. Βλαστάρις of the patriarchate of Antioch and all its story. The other bookes are these:

  • The Life of Jonh Damascen, by John patriarch of Antioch.
  • Στιχήριον, of the several anthems and antiphona used in the Greek Church, with musical notes, several copyes.
  • Two ot three playes of Eyripides, printed.
  • Εὐχολόγιον, entire and in peices, many.
  • Psalmes, with a comment, in large folio.
  • Γρηγόριος θεολόγος, many peices and copyes.
  • The Gospells, throughout the year, many.
  • Τετραευαγγέλια, the four Ghospels, several ; one with a comment, but not for our purpose in the words, τοῦτο ἐστὶ τὸ σῶμα, etc., Mat. Luc.
  • Chrysostom, many peices, and several copyes.
  • The Lives of some peculiar martyrs.
  • Apollonius Rhodius, Argonautica, modern copy.
  • St. Paul’s Epistles, with a comment, I suppose Chrysostome’s.
  • Life of St. Barbara and others.
  • Life and death of the Blessed Virgin, by St. James the Apostle.
  • Μαρτυρικόν, their lives in breif, sung on their respective feastivalls.
  • Many other such pittyfull trash, as the Μηναῖον over and over, again and again.
  • Ὀκτὼ ἤχω of J. Damascen, severall.
  • Acts of the Apostles and the Epistles, severall ; one a good antient copy.
  • Apostles’ Canons and Constitutiones, severall.
  • Νόμιμον, or the canons concerning the discipline of the Church and monastery’s ; I have seen some hundreds of these, and most of a different collection.
  • Demosthenes’ Orations, some few onely.
  • Andreas, patriarch of Jerusalem, his Encomia of many of the Fathers of the Church.
  • Chrysostom’s Homily’s over and over.
  • Ψαλτήριον, many ; one with a large comment in large folio.
  • The Lives of severall saints and others, wrote by Ἰωάννης Κόλοβος and others.
  • Abbas of M. Sinà, his Λόγοι ἀσκητικοί.
  • Peice of the Code and Novels.
  • Τριῴδιον, many many.
  • Συναξάριον, over and over.

The next monastery is τῆς Ἁγίας Τριάδος. This enjoyes alsoe a hotasherif, and hath a σταυροπήγιον. The manuscripts in it were :

  • the four Evangelists, with the same content with that named in Παναγία, but better wrote ;
  • the History of the several persecutions ;
  • the Apostles’ Canon, with exposition ;
  • Dionysius Areopagita ;
  • Chrysostom’s Homilyes, etc., severall ;
  • Procopius, his Comment on Solomon’s Song ;
  • Ecclesiast, out of Origen and others’ Ἐκλεκτά ;
  • Γρηγόριος θεολόγος, several ;
  • Martyrion ;
  • Libanius, Upon Euripides ;
  • Simeon Metaphrastes ;
  • the Life of Artemius who suffer’d under Julian the Apostate ;
  • Hesychius presbyter Hierosolimitanus, Upon all the Prophets ;
  • Στίχηρα, several ;
  • Θεόδωρος ἡγούμενος τοῦ Στουδίου, Κατήχησις πρὸς τοὺς ἑαυτοῦ μαθητάς ;
  • Life of St. Abba and others ;
  • Joasaph Spirituall Discourses, translated out of Æthiopick into Greek by J. Damascen ;
  • the Acts of all the Synods in Greek ;
  • Homer, Dionysii Περιήγησις, Apollonii Rhodii Argonautica, all modern hand.

There is another monastery here, St. George. It is decimated and under Chalcedon. There are bookes there too, but I judging they were much of the same stuff, did not take the paines of seeing it.

February 26th, Monday. We left Chalchis. We past Antigono, and came to Prote. There is no village there, but onely a monastery on the top dedicated to our Savior, Ἅγιος Σωτήρ. They have all the island to themselves. There is no vineyards, it being most rocky barren ground. It is decimated, and hath a σταυροπήγιον. There are about ten or fifteen καλογέροι. They had a fine herd of goates, and then above thirty young kids in their mandra. There are good olives, flax, and some corn ground. There is on the east side going up a pond, but the water is not good nor lasting all the year, proceeding onely from the rain or snow, and not regarded or preserved as a cistern. On that side there hath been a town, but all is now level’d with the ground. On all these islands there are wells or cisternes, and as good water as can be drunk.

We came from thence over towards Fanàr...