Grosvenor, Edwin A. (1867-1871, 1873-1890)

Edwin Augustus Grosvenor

Entre 1867 et 1871, puis entre 1873 et 1890

Edwin Augustus Grosvenor est né à Newburyport dans le Massachusetts en 1845. Il fait ses études à l’Amherst College, où il deviendra plus tard professeur d’histoire. De 1867 à 1871, puis de 1873 à 1890, il enseigne l’histoire au Robert College (lycée américain) de Constantinople. Au cours de son séjour dans la capitale ottomane il manifeste un profond intérêt pour la communauté grecque, son histoire et ses publications. Sa lettre envoyée le 9/21 juillet 1889 à Manuel Gédéon, érudit grec et rédacteur en chef de la revue Ἐκκλησιαστικὴ Ἀλήθεια (Ekklesiastikê Alêtheia), que Grosvenor ne connaît pas encore personnellement, témoigne de ces liens. De même, il est membre de plusieurs associations culturelles grecques de Constantinople (Ἑλληνικὸς Φιλολογικὸς Σύλλογος, Ellênikos philologikos syllogos, Ἑταιρεία Μεσαιωνικῶν Σπουδῶν, Etaireia mesaiônikôn spoudôn) et d’Athènes (Φιλολογικὸς Σύλλογος «Παρνασσός», Philologikos syllogos "Parnassos").

En 1890 il rentre aux États-Unis et reprend son enseignement à l’Amherst College. Auteur d’un ouvrage sur l’Hippodrome de Constantinople (1889), il publie en 1895 un autre ouvrage en deux volumes contenant ses impressions de son long séjour dans cette ville, dont plusieurs pages sur les Îles des Princes qu’il a dû visiter plusieur fois.

Il meurt à Amherst en 1936.

Les passages de son ouvrage traitant des Îles des Princes semblent largement inspirés d'un ouvrage antérieur:

G. Schlumberger, Les îles des Princes, Paris 1884 (disponible prochainement sur ce site).

Texte français: traduit par Jean-Pierre Grélois

LES ÎLES DES PRINCES

La Nature, dans sa prodigalité, a donné de la diversité à la capitale non seulement avec le Bosphore et la Corne d’Or, mais aussi avec le petit archipel des îles des Princes […]. La plus proche n’est qu’à 4 milles de Kadıköy et à peine plus d’Istanbul.

            Elles étaient anciennement appelées Dèmonèsoi […]. Ironiquement le nom médiéval, Papadonèsoi, îles des Prêtres, et le nom moderne, îles des Princes, ont une signification et une association communes. À l’époque byzantine, le monastère n’était pas très éloigné du trône […]. Aucun des empereurs détrônés qui y furent emprisonnés, avec la coule et l’habit, ne revint jamais sur son trône. Bien que presque tous les monastères se soient écroulés et qu’un petit nombre de leurs pensionnaires erre sur les sentiers herbeux, la tradition des princes déposés survit et a doté les îles de leur nom actuel.

            On en compte neuf. Deux, Pite et Néandre, sont dépourvues d’habitants ou d’intérêt. Trois, Oxie, Platée et Antirovithe, sont à l’écart du monde présent, mais ont chacune leur histoire d’échec et de souffrance. Quatre, Protè, Antigone, Chalki et Prinkipo, sont les principales […] La douceur et la régularité de leur climat en font l’endroit le plus sain de l’Empire. Nulle part ailleurs le long du nord de la Marmara l’olivier pousse en telle abondance. […] Les collines sont couvertes de forêts de pins et les côtes sinueuses sont découpées de baies ombragées et retirées. […] Pourtant elles sont presque désertes en hiver. Soudain et souvent la Marmara traîtresse coupe toute relation avec le monde extérieur. […]

            Oxie n’a pour habitants que d’innombrables vols d’oiseaux marins, blancs et bistres. Quelques restes informes subsistent de l’église, jadis vénérée, Saint-Michel [confusion avec le quartier constantinopolitain de l’Oxeia, n. d. t.] « chef suprême des hôtes célestes », et de l’immense orphelinat [sic].

            Platée était jadis une grande prison de pierre. On peut toujours voir les ouvertures béantes de ses cachots et oubliettes. […]

            Protè, la Première ou la plus proche, est constituée de deux éminences allongées et élevées. Une ceinture d’arbres enclot la dépression. Aucune source ne rafraîchit sa surface dénudée et aride. Des buissons rabougris et quelques maisons isolées s’accrochent comme de la mousse sur les pentes. Son aspect rappelle vraiment les souffrances et les tragédies qu’elle a connues, qui toutes se produisirent entre les murs des trois monastères entre lesquels se partageait l’île.

            Des restes informes au nord indiquent le site du monastère de la Vierge. […]

            Le monastère de la Transfiguration se dressait au sommet de l’île. […]

            Le site du troisième monastère est perdu […].

            Il est possible que l’actuel monastère de la Transfiguration, maintenant délabré et presque désert, se situe quelque part auprès du site de son homonyme et prédécesseur. […]

            La prochaine île était à l’origine appelée Panormos, ce qui signifie qu’il était aisé d’en approcher. […] Dèmètrios, fils d’Antigonos qui était le plus habile des généraux d’Alexandre, remporta une victoire au large de cette île et l’appela Antigone en l’honneur de son père.

            L’aimable village moderne se trouve su côté est. […] Le vaste monastère de la Transfiguration, qui avait été bâti par Basile Ier et qui couvre le sommet de l’île, fut partiellement restauré en 1869. […]

            À Antigone Théodora érigea l’église Saint-Jean-Baptiste […]. Dans l’église moderne qui a été rebâtie en bois, toujours le principal sanctuaire des habitants de l’île, il reste peu de l’édifice primitif. Néanmoins l’abside, ou partie est, est une partie de la structure d’origine. […]

            Pite, l’île des Pins, est un écueil dénudé dont tous les pins ont disparus depuis longtemps.

            Chalki aux trois éminences est par sa beauté naturelle et son attractivité la perle de toutes ces îles. Elle est de toutes parts découpée de baies minuscules dont les rives sont partout bordées de forêts. Des sentiers romantiques serpentent au hasard dans toutes les directions, et chaque tournant dévoile une nouvelle surprise. La vue est toujours belle, que l’on regarde la terre ou la mer.

            Le nom de Chalki, « cuivre », est dû au métal qui abondait dans l’île. Ces dernières années il y a été peu travaillé. […] On peut voir encore des amas de scories et les excavations à moitié comblées d’anciennes mines. Près du débarcadère des vapeurs se trouvent les bâtiments bien disposés et entretenus de l’École navale ottomane. Encore plus près à droite il y a l’église grecque Saint-Nicolas avec son curieux campanile à plusieurs étages et aux nombreuses fenêtres. La localité, ramassée, compte peut-être 6 000 âmes.

            Un vallon courant d’est en ouest divise l’île et détermine la direction de la route principale. On laisse bientôt derrière soi les maisons pour entrer dans une délicieuse forêt de pins où l’air est toujours chargé d’un parfum salutaire, et le sol couvert d’un soyeux tapis élastique.

            On voit à droite, sur le sommet du nord, les bâtiments monastiques de la Sainte-Trinité. Une tradition rapporte que le monastère avait été fondé au ixe siècle par l’éloquent et infatigable patriarche Photius. Souvent détruit et réédifié, il fut pour finir rebâti par le patriarche Germain IV en 1841, qui y établit le plus important séminaire théologique de l’Église d’Orient. […] Les bâtiments s’étendent en couronne sur le sommet de la colline, lui-même entouré d’un cercle de cyprès et de pins. De vénérables oliviers revêtent la pente, chacun muni d’une terrasse soigneusement construite pour éviter que les pluies torrentielles ne l’emportent. Le tremblement de terre de juillet 1894 apporta dévastation et désolation dans le séminaire, mais aucune vie ne fut perdue. L’active affection des Grecs a déjà relevé à neuf tout ce qui avait été ébranlé et jeté à bas.

            La route, que l’on a abandonnée en montant vers la Trinité, tourne vers l’ouest à travers des bosquets toujours verts et atteint le monastère de la Vierge. […]

            Le monastère tombé complètement en ruines fut restauré plusieurs fois : en 1680 par Panagiôtakès, la gloire de Chios, le premier Chrétien à être devenu interprète en chef de la Porte, le favori de Mehmet IV qui lui fit de magnifiques funérailles sur le Danube et envoya son corps embaumé à Chalkè pour y être enseveli dans le narthex de l’église monastique ; en 1796 par Alexandre Hypsilantès […] ; en 1831 par le patriarche Konstantios Ier […] qui affecta les bâtiments prévus pour les moines à une École commerciale admirable et bien pourvue. […]

            Dans l’édifice rénové, près du plus vaste et plus moderne sanctuaire, se dresse l’humble église du xve siècle de l’impératrice Marie. Noircie par l’âge et l’incendie, de forme et de proportion irrégulières, d’une largeur variable, il a la beauté impérissable du souvenir. […]

            Dans l’église se trouvent quatre merveilleuses tentures, œuvre des doigts mêmes de Dame Domina, qui gagna bien sa sépulture dans le narthex sacré. Elle y consacra plus de quarante années d’un travail constant. Elles constituent le travail d’aiguille le plus habile et le plus expressif à voir à Constantinople.

            À l’intérieur et autour de l’église se trouvent les tombes de nombreux patriarches : Timothée qui mourut en 1622 ; Parthénios II massacré en 1650 ; Parthénios III massacré en 1656 ; Kallinikos mort en 1702 ; Gabriel III mort en 1707 ; Païsios II pendu en 1752 ; nom le plus familier de tous, celui de Cyrille Loukaris dont le corps, sauvé des vagues à Rumeli hisarı, fut apporté ici pour y être enseveli.

            Une terrasse à l’extérieur du monastère a été aménagée en cimetière. La tombe de briques près de l’entrée contient les restes de Sir Edward Barton, ambassadeur de la reine Élisabeth auprès de Murat III et Mehmet III. Une dalle monumentale porte ses armoiries et une inscription latine attestant que le « très illustre et sérénissime diplomate » mourut en 1597 âgé seulement de 35 ans. Il fut victime d’une maladie pulmonaire et non, comme on le suppose communément, de la peste qui fit rage cette même année et qui, en un seul jour, priva Mehmet III de 19 de ses sœurs. La pierre, qui avait été maçonnée dans le mur lors d’une restauration du monastère, fut découverte et remise en place au-dessus de la tombe par Sir Stratford Canning.

            Plus loin à l’intérieur de l’enclos se trouve une fosse commune où gisent ensemble plus de 300 soldats russes. Ils avaient été faits prisonniers et moururent en captivité durant la guerre de 1828-1829 que mena la Russie pour la liberté de la Grèce. Un ange de marbre blanc se dresse au-dessus de la pierre commémorative. L’épitaphe en russe et en grec décrit la manière de leur mort et conclut avec ce vers : « Il n’est pour un homme de plus grand amour que celui de sacrifier sa vie pour ses amis ».

            L’extrémité sud de l’île a elle aussi son monastère. Il n’a pas été érigé plus tard que 1758 par le métropolite de Chalcédoine et est consacré à saint Georges. Par la suite son fondateur devint patriarche de Constantinople sous le nom d’Ioannikios III. Les désordres du temps rendirent le fardeau de sa charge trop lourd pour ses mains. Il déposa le bâton patriarcal, se retira dans ce monastère, y passa trente années de paix, y mourut et fut enseveli en 1793. Deux superbes rangées de cyprès qui longent la route avaient été plantées de ses mains. Mais le temps des monastères est passé, même dans l’Orient léthargique. Les cellules jadis occupées par les moines sont maintenant des résidences d’été pour des familles particulières. […]

            Prinkipo, l’île du Prince, est la plus grande et la plus peuplée de l’archipel. Faisant près de 9 milles de pourtour, elle est constituée de quatre collines dont deux rivalisent de hauteur entre elles et dominent les autres. La spéculation et l’esprit d’entreprise ont brisé sa quiétude et la localité de 15 000 habitants se glorifie avec une fierté occidentale de sa rapide augmentation de richesse et de population.

            Les maisons plus humbles des résidents permanents se regroupent à gauche de la jetée des vapeurs. À droite se trouvent, avec des jardins qui dévalent vers la mer, les plus somptueuses et prétentieuses résidences des estivants. […] Des ermites qui, il y a quelques années encore, échappaient au genre humain dans les cavernes et les forêts, aucun ne survit. […]

            Du côté est on grimpe par une route presque abrupte entre deux longues rangées de cyprès jusqu’au monastère Saint-Georges. Les gigantesques rochers du sommet semblent avoir été extraits et placés là par la main des Titans. Les trois églises ou chapelles délabrées sont placées côte à côte. La fraternité jadis forte et nombreuse […] s’est réduite à deux vieillards rhumatisants et grincheux. On menait dans la plus grande église les fous et les supposés démoniques pour qu’ils soient exorcisés grâce à des prières. Fixés au sol, on peut toujours voir de nombreux anneaux de fer rouillé auxquels les infortunés étaient enchainés pendant l’office. […]

            Le monastère du Christ sur la colline nord a oublié sa dédicace d’origine et est devenu un lieu de séjour en vogue l’été. Les bosquets de pins qui l’entourent et les perspectives enchanteresses qu’il ouvre dans toutes les directions sont bien faites pour séduire l’amateur de nature. […]

            Enfermé dans le vallon mais ayant vue sur la mer, se trouve le monastère Saint-Nicolas avec son église carrée d’une forme particulière. Tout contre il y a l’énorme citerne circulaire qui excita tant l’étonnement de l’évêque anglais Pococke il y a 150 ans.

            Un peu plus loin vers le nord sur la rive est, le sol se gonfle en douces ondulations sur des masses presque enterrées de maçonnerie, que les Grecs appellent Kamarés, ou les Chambres [sic]. L’une d’elles émerge, envahie par l’herbe, informe, où l’on peut discerner cinq rangs de briques et des arcs de fondation en pierre, et qui occupe une superficie de plus de 100 pieds carrés. À l’intérieur deux chambres, ossuaires des anciens pensionnaires, remplies jusqu’au plafond d’ossements humains, donnent une pâle idée de la multitude dont ce vaste bâtiment était jadis la résidence et le foyer. D’autres restes épars, apparaissant çà et là à travers la surface, et des éclats de dalles et de colonnes répandus sur un large espace prouvent que la première masse centrale signalée n’était qu’une faible partie de la structure primitive.

            Aucun autre édifice des îles n’a pu être aussi vaste. On voit à peine une inscription ou un monogramme, bien qu’un magnifique chapiteau byzantin porte les initiales de Nicéphore II Phôkas, le vainqueur des Sarrasins et restaurateur de l’Empire, qui mourut en 969. Dans le sol encore non retourné une riche récompense attend sans doute la bêche du chercheur, tandis qu’aujourd’hui l’esprit ne peut que constater une jadis immense étendue et un état présent de ruine totale.

            C’est le monastère de la Vierge, fondé au VIIIe siècle par l’impératrice Irène […].

            Néandre, la plus méridionale de l’ensemble, est un morne amas de rochers et de sable.

            Antirovithe, la plus à l’est, est à peine moins stérile et plus attrayante. Une habitation solitaire et des arbres dispersés ne font que rendre plus apparente la désolation générale. Même la vigne refuse d’y pousser, et l’arbre de Judée, ailleurs prodigue de ses fleurs cramoisies, ne pousse de racines dans ce sol rebelle. Le monastère médiéval […] a été déserté et seules des ruines en indiquent le site.

 

Texte anglais : E. A. Grosvenor, Constantinople I, Boston, 19002, p. 264-271 ; 273-280 ; 282-283 ; 285-286.

THE PRINCES’ ISLANDS

Nature, insatiable in giving, has diversified the capital not only with the Bosphorus and the Golden Horn, but with the tiny archipelago of the Princes’ Islands […]. The nearest is but four miles distant from Kadikeui, and only little farther from Stamboul.

            They were anciently called Demonesoi […]. The mediæval name, Papadanesoi, the Islands of the Priests, and the modern namen Princes’Islands, through the irony, have a common meaning and association. During the Byzantine Middle Ages, the monastery was not far distant from the throne. […]  Not one of all the discarded emperors imprisoned here, with cowl and cloak, ever went back to his throne. Though almost all the monasteries have crumbled, and only a few inmates wander over the grass-grown paths, the tradition of deposed princes has survived and bestowed upon the islands their present name.

            They are nine in number. Two, Pita and Neandros, are destitute of inhabitant or interest. Three, Oxeia, Plati, and Antirovithos, are isolated from the present, but have each their history of failure and sorrow. Four, Proti, Antigone, Khalki, and Prinkipo, are the chief. […] The mildness and regularity of their climate render them the healthiest locality in the Empire. Nowhere else along the northern Marmora does the olive-tree grow with such profusion. […] The hills are covered with pine forests and the meandering shores are indented with shaded and sequestred bays. […] Yet in winter they are almost deserted. The treacherous Marmora suddenly and often cuts off all communication with the outer world. […]

            Oxeia has for sole inhabitants innumerable flocks of white and dusky sea-birds. A few shapeless remains are left of the once venerated Church of Saint Michael, “supreme chief of hevenly hosts,” and of the immense orphan asylum.

            Plati was formerly a great rock prison. The gaping mouths of its subterranean dungeons and oubliettes may still be seen. […]

            Proti, the First, or Nearest, consists of two prolonged and lofty mounds. A belt of trees spans the hollow. No water-springs refresh its bare and arid surface. Stunted shrubbery and a few straggling houses cling like moss along the slopes. Its very appearance is suggestive of the sorrows and tragedies it has seen, all accomplished within the walls of three monasteries between which the island was shared.

            Shapeless remains on the north identify the site of the Monastery of the Holy Virgin. […]

            The Monastery of the Transfiguration stood upon the summit of the island. […]

            The site of the third monastery is lost […].

            It is possible that the modern Monastery of the Transfiguration, now dilapidated and almost deserted, is situated somewhere near the site of its namesake and predecessor. […]

            The next island was originally called Panormos, signifying that it was easy to approach. […] Demetrios, son of Antigonos, who was Alexander’s ablest general, gained a victory off the island, and called it Antigone in honor of his father.

            On the eastern side is the pleasant modern village. […] The vast Monastery of the Transfiguration, which was built by Basil I, and which covered the summit of the hill, was partially restored in 1869. […]

            At Antigone, Theodora erected the Church of Saint John the Baptist […]. In the renovated modern wooden church, still the chief sanctuary of the islanders, little remains of the early edifice. Nevertheless the apse, or eastern portion, is part of the original structure. […]

            Pita, the Piny Island, is a barren reef, from which every pine-tree long ago disappeared.

            Trimountained Khalki is in natural beauty and attractiveness the gem of all these islands. It is indented on every side by tiny bays, the shores of which are everywhere fringed with forests. Romantic paths wind aimlessly in every direction, and at each turning reveal a new surprise. The outlook is always beautiful, whether one gazes at land or sea.

            The name Khalki, Copper, is due to the metal in which the island abounded. Of late years it has been little worked. […] Heaps of scoria and the half-filled excavations of ancient mines may still be seen. Near the steamer landing-place are the neat, well-kept buildings of the Ottoman Naval School. Still nearer on the right is the Greek Church of Saint Nicolas, with its curious, several-storied, many-windowed belfry. The compact village numbers, perhaps, six thousand souls.

            A valley, running east and west, divides the island, and determines the direction of the principal street. The houses are soon left behind, and one enters a delicious forest of pines, where the air is always freighted with a healthful fragrance, and the ground is covered with a silken, elastic carpet.

            High on the northern summit on the right are seen the monastic buildings of the Holy Trinity. It is a tradition that the convent was founded in the ninth century by the eloquent et restless Patriarch Photios. Often destroyed [275] and re-erected by turns, it was at least rebuilt by the Patriarch Germanos IV in 1841, who established in it the most important theological seminary of the Eastern Church. […] The buildings spread over the hilltop like a crown, itself surrounded by a circlet of cypresses and pines. Venerable olive-trees clothe the slope, each built up with a careful terrace to prevent torrential rains from washing it away. The earthquake of July, 1894, brought havoc and desolation to the seminary, but no lives were lost. The active affection of the Greeks has already raised anew whatever was shattered or thrown down.

            The street, abandoned during the ascent to Trinity, curves westward through the evergreen groves, and reaches the Monastery of the Holy Virgin. […]

            The monastery fell in utter ruin, and was several times restored, — in 1680, by Paniotakis, the pride of Scio, the first Christian to become Chief Interpreter to the Porte, the pet of Mohammed IV, who made for him a magnificent funeral on the Danube, and sent his embalmed body to Khalki to be interred in the narthex of the monastic church ; in 1796, by Alexander Ypsilanti […] ; in 1831, by the Patriarch Constantios I […],  who converted the buildings designed for the monks into an admirable and well-equiped Commercial School. […]

            In the renovated pile, near the larger and more modern sanctuary, rises the simple, fifteenth-century church of the Empress Maria. Blackened by age and fire, of irregular shape and proportion and of varying width, it has the fadeless beauty of association. […]

            In the church are four wonderful tapestries, wrought with her own fingers by Lady Domina, who well earned her place of burial in the sacred narthex. To them she devoted over forty years of constant labor. They reveal the most skilful and the most expressive needlework to be seen in Constantinople.

            Within and around the church are the tombs of many patriarchs : Timotheos, who died in 1622 ; Parthenios II, massacred in 1650 ; Parthenios III, massacred in 1656 ; Kallinikos II, died in 1702 ; Gabriel III, died in 1707 ; Paisios II, hung in 1752 ; most familiar name of all, Kyril Loukaris, whose body, rescued from the waves at Roumeli Hissar, was brought here for burial.

            A terrace outside the monastery has been made a cemetery. The brick tomb near the entrance contains the remains of Sir Edward Barton, Ambassador of Queen Elizabeth to Mourad III and Mohammed III. A monumental slab bears his coat or arms and a Latin Inscription, stating that the “most illustrious and most serene diplomat” died in 1597, at the early age of thirty-five. He fell victim to a pulmonary disease, and not, as commonly supposed, to the plague which raged during that same year, and which, in a single day, bereft Mohammed III of nineteen of his sisters. This stone, which had been built into the wall at some restoration of the monastery, was discovered and replaced above the tomb by Sir Stratford Canning.

            Farther within the enclosure is a common grave, where more than three hundred Russian soldiers lie together. They were taken prisoners and died in captivity during that war of 1828-29 which Russia waged for the liberty of Greece. An angel in white marble stands above the memorial stone. The epitaph in Russian and Greek describes the manner of their death, and closes with this verse : “Greater love hath no man than this, that he lay down his life for his friends”.

            The southern extremity of the island has its monastery as well. It was erected no later than 1758 by the Archbishop of Chalkedon and consecrated to Saint George. Afterwards its founder became Patriarch of Constantinople as Joannikios III. The disorders of the time rendered the burden of his office too heavy for his hands. He laid down the patriarchal staff, withdrew to this monastery, there passed thirty years of peace, and there died and was buried in 1793. The two superb rows of cypresses which line the street were planted by his hands. But the day of monasteries is over, even in the sluggish East. The rooms formerly tenanted by the monks are now the summer residences of private families. […]

            Prinkipo, the Island of the Prince, is the largest and most populous of the group. Nearly nine miles in circuit, it is made up of four hills, two of which rival each other and rise above the rest. Speculation and business enterprise habe broken in upon its quiet, and the village of fifteen thousand inhabitants boasts with western pride of its rapid increase in wealth and population.

            The humbler houses of the permanent residents are crowded together on the left of the steamer pier. On the right, with gardens sloping to the sea, are the more sumptuous and ostentatious mansions of the summer visitors. […] Of the hermits who, till a few years ago, hid from mankind in its caves and forests, not one survives. […]

            On the eastern side one climbs an almost precipitous road between long files of cypresses to the Monastery of Saint George. The gigantic boulders at the top seem quarried and placed there by the hands of Titans. The three decaying churches or chapels are side by side. The once strong and numerous brotherhood […] has dwindled to two rheumatic, querulous old men. To the larger church lunatics and supposed demoniacs were often brought to be exorcised by prayer. Attached to the floor may still be seen many rusty iron rings, to which the unfortunates were chained during service. […]

            The monastery of Christ on the northern hill has forgotten its original consecration, and become a popular resort in summer. The pine-groves, which surround it, and the entrancing vistas which it opens in every direction, may well allure the lover of nature. […]

            Shut within the valley, but looking out upon the sea, is the Monastery of Saint Nicolas, with its square church of peculiar form. Close beside it is the enormous circular cistern, which so excited the amazement of the English bishop, Pococke, one hundred and fifty years ago.

            A little farther north along the eastern shore, the ground swells in gentle undulations over almost buried heaps of masonry, which the Greeks call Kamarais, or the Chambers. One grass-grown, shapeless mass emerges, in which five rows of brick and stone fouundation-arches can be discerned, and which fills an area over one hundred feet square. Two chambers in it, ossuaries of former inmates, crammed to the top with human bones, give a faint idea of the multitude to whom this wide-spread pile was once dwelling-place and home. Other scattered remains, here and there peering through the surface, and widely strewn splinters of slabs and columns prove that the first recognized central mass was but a small proportion of the former structures.

            No other edifice in the islands could have been so vast. Hardly an inscription or monogram is visible, though one magnificent Byzantine capital bears the initials of Nikephoros II Phôkas, the conqueror of the Saracens and the restorer of the Empire, who died in 969. Doubtless in the yet unturned soil, a rich reward is awaiting the investigator’s spade, but the mind to-day takes in only a conception of former immense extent and of present absolute ruin.

            This is the Monastery of the Holy Virgin, founded in the eighth century by the Empress Irene […].

            Neandros, the farther south of the cluster, is a dreary heap of rock and sand.

            Antherovithos, the farther east, is hardly less sterile, and uninviting. One solitary dwelling and a few stunted and scattered trees only render the general desolation more apparent. Even the grape-vines refuse to grow, and the judas-tree, elsewhere prodigal of its crimson blossoms, strikes no root in the stubborn soil. The mediæval monastery […]  was deserted, and only ruins indicate its site.