Sapiencia, Octavio (1604-1616)

Octavio Sapiencia

Entre 1604 et 1616

Né à Catania (Sicile) dans la seconde moitié du 16e siècle, Octavio Sapiencia devient clerc de la couronne espagnole. En 1604, allant de Rome en Sicile, il est capturé en mer par des ottomans près de Naples, d’où il est conduit à Biserte, Tunis et Constantinople. Après cinq ans d’esclavage, il est libéré en 1609 grâce à l’intervention de l’ambassadeur de France à Constantinople, Achille de Harlay, baron de Sancy et de la Mole, auprès duquel il demeure comme chapelain. Accusé d’espionnage au profit du roi d’Espagne, il quitte clandestinement la capitale ottomane et revient en Europe en 1616.

Dans ses mémoires, qui ont la forme d’un traité plutôt que d’un récit de captivité, il donne des informations sur l’organisation politique, militaire et économique de l’Empire, en particulier sur la flotte ottomane (où il avait servi pendant trois ans comme rameur pendant sa captivité), sur les prisons (qu’il avait connues au cours de sa charge de chapelain et confesseur des prisonniers chrétiens), ainsi que sur la vie des différentes communautés chrétiennes.

Pour ce qui concerne les îles des Princes, qu’il appelle « îles rouges », Sapiencia tient manifestement ses renseignements de conversations avec des Pérotes ainsi que de ses navigations. Il est peu probable qu’il y ait personnellement débarqué.

Texte français: (traduit par Marie Cronier)

Plus en avant de sept lieues, il y en a trois autres, appelées « îles rouges », dont deux sont habitées et ont de belles vignes ; ces îles sont à six lieues de Constantinople. À part ces îles, il y en a beaucoup d’autres sur le chemin du golfe de Smitri et de Nicomédie, dont je ne me rappelle plus les noms : les unes sont habitées, les autres inhabitées. Là où il y a des habitants, on trouve du vin et des fruits en quantité ; la où il n’y en a pas, on fait une chasse abondante de lapins et de perdrix.

Texte espagnol: Octavio Sapiencia, Nuevo tratado de Turquia: con una descipcion [sic] del sitio y ciudad de Constantinopla, costumbres del grand Turco, de su modo de gouierno… martirios de algunos martyres, y de otras cosas notables, Madrid, 1622, capitulo II, § XVIII.

Mas adelande siete leguas, ay otras tres llamadas las islas Roxas, dos habitadas tienen lindas viñas y estan de Constantinopla seys leguas. Sin las islas dichas, ay muchas por el camino del golfo de Smitri, y Nicomedia, de cuyos nombres no me acuerdo: vnas habitadas, otras deshabitadas: donde ay habitadores, se coge mucho vino, y fruta: donde no los ay, se halla muchissima caça de conejos, y perdices.