Sestini, Domenico (1778)

Domenico Sestini

3-4 mai 1778, 30 avril 1781 et 16-17 octobre 1782

L'abbé Domenico Sestini (1750-1832), archéologue et numismate italien, féru de botanique, effectue de nombreux voyages dans l'Empire ottoman au cours des années 1770-1790.

Il séjourne à deux reprise dans l'île de Chalki (longuement les 3 et 4 mai 1778, puis en passant le 30 avril 1781), dont il laisse une longue description, empreinte de détails pittoresques. Il eut accès à la bibliothèque de la Sainte-Trinité: avec un regard d'antiquaire, il y repère d'emblée les manuscrits les plus intéressants pour le bibliophile mais peine à déchiffrer l'écriture grecque manuscrite.

Une dernière fois (16 octobre 1782), il est contraint de s'arrêter passer la nuit à Antigoni pour échaper à une tempête au retour d'un voyage en Asie mineure.

Texte français:

(1) Lettres de Monsieur l’Abbé Dominique Sestini, écrites à ses amis en Toscane, pendant le cours de ses voyages en Italie, en Sicile et en Turquie... traduites de l’italien et enrichies de Notes par M. Pingeron, t. III, Paris, 1789, pp. 200-223.

Lettre adressée au Dr Ferdinan Fossi de Florence, datée du 7 mai 1778 à Constantinople:

[...] Après le dîner, M. le Docteur Lucci qui savait que je faisais volontiers la profession de Médecin pour avoir la facilité de faire des observations, me pria de vouloir bien lui tenir compagnie jusqu’aux îles des Princes, où il devait ordonner des remèdes à quelques-uns des enfans d’un négocians Grec ; mais quelques affaires d’une plus grand importance lui étant alors survenues, il ne put point aller voir ces malades. Il me pria de tenir sa place auprès d’eux, & me prescrivit la manière dont je devais me conduire, ce qui était facile, parce qu’il ne s’agissait que d’ordonner à ces enfans certaines médecines très-simples, & de varier les doses selon la différence des âges & des tempéramens.

J’acceptai très-volontiers cette commission, & en effet peu de tems après le Marchand Grec qui demeurait à Galataé moi descendîmes à la marine ver les cinq heures ; sa barque était déjà prête pour notre traversée. Y étant tous entrés, nous gagnâmes bientôt la pointe du Serrail, appelée Serai-Burnu, ou l’ancienne Acrapolis, parce que nous avions trois paires de rames. Nous nous achemiâmes ensuite vers ces îles qui sont sur la même ligne droite que Constantinople. La première de ces îles est éloignée d’environ dix milles ou trois lieues & un tiers de cette Capitale, & la dernière de vingt milles, ou six lieues & deux tiers. Nous arrivâmes sur le soir, après trois heures de navigation, à celle de ces îles que l’on nomme l’île des Princes, & qui est la quatrième. Il fallut toujours ramer, parce que la mer était calme. Cette circonstance me procura une promenade tranquille & des plus agréables, pendant laquelle je jouis du beau coup-d’œil de Constantinople jusques au Château des Sept-Tours, espace d’environ sept milles. Je vis encore toutes les villes & villages voisins de cette Capitale. Je ne saurois, à dire le vrai, décrire à Votre Excellence, le plaisir enchanteur qu’une pareille perspective procure à un étranger, sur-tout quand il aime la belle nature : Comme nous venions de Constantinople où la peste avait déjà commencé à faire du ravage, nous fûmes obligés de faire parfumer nos habits en les exposant à la fumée des branchages de l’Oxi-Cedrus, ou petit cèdre, que l’on brûle dans cette circonstantce. Nous nous mîmes à table après cette fumigation, & je mangeau de l’excellent poisson que l’on prend près de ces îles.

La matinée suivante, je m’éveillai de bonne heure pour donner les médicamens dont je viens de parler à toute la famille du Négociant Grec ; elle consistait en trois garçons & une fille : j’allai ensuite me promener dans le village qui n’est composé que d’une file de maisons. Celles-ci son bâties le long de la mer, position qui empêche que l’on puiss jouir de cette vue qui est uniquement réservée à ceux qui demeurent dans ces maisons. Ceux-ci sont tous Grecs, & leurs maisons sont bâties en bois, & dans le goût dont j’ai déjà donné à Votre Excellence une idée dans mes précédentes. Il ne demeure aucun Turc dans cet endroit, excepté l’Aga à qui ces îles sont soumises, encore celui-ci réside-t-il à Maltepe, village d’Asie qui est situé vis-à-vis de ces îles. Cet Officier va & vient sans cesse, & vient s’établir amicalement tantôt chez un particulier & tantôt chez un autre. J’entrai dans une Eglise paroissiale Grecque qui est desservie par deux ou trois Moines. Elle est dédiée à San-Dimitri ou Dimetrio. J’assistai à la Messe qui était sur sa fin. La manière dont ceux qui l’entendaient, faisaient le signe de la croix, me parut très-singulière, de même que l’usage où sont les assistans de répéter presque à chaque instant le Jyrie eleison. Je revins ensuite à la maison pour assister mes malades.

Après le dîner, le Didascalo ou le Précepteur des fils de ce Négociant Grec qui se nommait Giovanni Hegremi, né dans la Morée, jeune homme qui sait le grec littéral, & les langues Italienne & Latine, voulut bien venir se promener avec moi dans l’intérieur de l’île. Ayant pris le long du rivage qui regarde l’Orient, je remarquai quelques ruines d’anciens édifices dans un endroit que l’on appelle, I-Bagni, les Bains. Ces ruines consistent dans un bâtimen circulaire, constuit en briques & en pierres de lîle même, & formant intérieurement un petit théâtre dont le diamètre peut être de dix brasses, ou trente pieds. La figure ronde de cet édifice se distingue encore très-bien, parce que les murs sont très-forts et très-épais. On voit du côté qui regarde le Levant, un bassin qui tient lieu de fontaine. A parler sincèrement, je ne saurais dire ce que je dois penser d’un pareil monument ; je drois cependant qu’il a pu servir jadis de citerne ou de réservoir, parce que plus près de la mer, on voit encore d’autres restes d’édifices qui ont tous l’apparence d’avoir été des étuves ou des bains, où on faisait venir de l’eau par différens conduits que l’on remarque également. Ces ruines méritent l’attention des Voyageurs, étant les débris de l’ouvrage de quelques Empereurs Grecs qui venaient y passer la belle saison dans cette île ; c’est pourquoi on lui donne encore le nom de l’île des Princes. L’air y est très-sain, & le climat très-agréable pendant le printems & l’été. Si j’avais sous ma main l’Ouvrage de Pocoke, voyageur moderne qui a parcouru ces îles, je pourrais dire facilement à Votre Excellence ce qu’il pense de ces édifices. Je trouvai dans tout ce canton de l’Hyosciamus, ou jusquiame, du méliner, ou Cerinte, différentes espèces de Laceron, ou Sonchus, de l’Aster-Atticus, ou œil de Christ, de la matricaire, du Chrysanthemum, ou œil de bœuf, du Daucus percefeuille ou Bupleuron, de la Julienne, du Stechos Arabique, Stoechas Arabica, que les Italiens appellent communément Maurocefalo. Cette dernière plante est très-commune dans cette petite île, de même que le Cystus-Ladanifer, ou mirthe à fleurs rouges & à fleurs blanches. Je demandai au Signor Giovanni si l’on en retirait du Ladanum, il me répondu que l’on pourrait en retirer, mais que l’on négligeait cette production. Je trouvai encore de la petite serpentaire, serpentaria minor, de la pimprenelle épineuse, & de Poxicedrus, ou petit cèdre.

Toujours chemin faisant, & après avoir fait environ une heure de promenade, nous arrivâmes à un monastère de Caloyers appelé Saint-Nicolas, qui n’est éloigné que de quelques pas de la mer. M’étant rendu dans l’Eglise, je lus sur le portique ou vestibule une inscription grecque composée dans le style antique, elle est du siècle passé. Je ne manquai pas de la transcrire:

Cette Eglise est petite, mais elle a trois nefs.

Différentes familles Grecques étaient venues dans ce moment de Constantinople pour se divertir & pour solemniser la fête de Saint-Georges, qui tombait le 4 du courant. On voyait alors dans ce Monastère de Caloyers des hommes & des femmes. Une famille entière logeoit dans la même celule. Parmi ces différentes familles, quelques-unes étaient venues uniquement pour y prendre l’air, & quelques autres pour éviter la peste. Ce fléau s’étend quelquefois dans ces îles par des relations continuelles que leurs habitans ont avec Constantinople.

Nous allâmes ensuite sur la partie la plus élevée de cette île, & précidément sur son dos ; nous pouvions y voir d’un seul coup-d’œil toute sa circonférence qui est d’environ cinq milles ou une lieue & deux tiers. On trouve sur le sommet d’un rocher, un autre Monastère dédié à Saint-Georges, que je négligeai de voir ; prenant ensuite du côté du nord, nous entrâmes dans un petit bois de Pins qui était très-bas. J’observai toujours les mêmes plantes & une très-grande quantité d’Echium ou buglose. J’arrivai au bout d’un autre mille à un nouveau Monastère de Caloyers, sous la vocable de la Transfiguration de Jesus-Christ, & qui a été fondé par l’Impératrice Irêne, selon ce que me dit un Caloyer. Il m’apprit encore que le tombeau de cette Princesse était auprès d’un ancien Cyprès qui est hors de la porte du Couvent ; je vis l’arbre, mais non point le tombeau.

J’entrai dans l’Eglise, dont le plan est une crois grecque selon l’usage ordinaire. On voit à côté une chapelle ou oratoire dans lequel est un tableau très-ancien qui représente la Sainte Virge, & qui est peint dans le goût des Grecs. Je demandai au Caloyer qui me servait de guite, & qui avait le titre l’Hebdomadaire, s’ils avaient quelques manuscrits ; il me répondit qu’il en avait un, mais qu’il ne savait pas ce qu’il contenait ; je priai alors ce Caloyer de me le montrer ; il vient à la fin avec un petit Office de la Sainte Virge imprimé, qui était tout déchiré, ce qui me fit beaucoup rire. Je ne savais point si je devais plutôt considérer la simplicité de ce Caloyer ou son ignorance crasse. En examinant les livres de chœur de ces Moines, qui ont tous été imprimés à Venise, je remarquai quelques feuilles de parchemin chargées d’écriture, dont on avait doublé leurs couvertures. Mais les feuillets ne renfermaient rien d’intéressant, ayant été détachés d’un simple registre.

Ce Caloyer me fit quelque accueil & m’invita à me rafraîchir. Ayant appris du Didascalo, ou Précepteur Grec, avec lequel j’étais, que je professais la médecine, il redoubla ses politesse, & me rendi pour ainsi dire le maître de tout le Couvent. Ce Caloyer me demanda si je n’avois pas quelques remèdes contre la toux dont il était incommodé. Il est reçu chez les Turcs comme chez les Grecs, Levantins & autres, de venir se faire tâter le pouls, de vous dire ensuite qu’ils sont malades, & qu’ils ont besoin de quelques remèdes, lorsqu’ils apprennent que vous êtes Médecin. Si ce sont des Turcs, ils vous demandent quelque chose qui puisse ranimer et réjouir les parties les plus nobles. Vous pouvez leur ordonner tout ce que vous desirez, parce que vous êtes assuré qu’ils ne prendront rien de ce qu’on leur prescrit, à moins que ce ne soit des choses qui puissent les échauffer & les ranimer. Je laissai à la fin ce Caloyer, qui au premier coup-d’œil ressemblait plutôt à un gardien de troupeaux qu’à un Religueux ; car il était en même tems Cuisinier & Jardinier du Couvent.

Comme la nuit commençait à venir du côté du Levant, je descendis à la Ville ; je remarquai que les terres étaient très-rouges, & qu’elles abondaient en ocre martial. On y sème du grain & de l’orge : les autres terres sont en pâturages pour les bestiaux. Etant arrivé sur le bord de la mer, je me mis à y chercher des coquilles, mais je ne trouvai que des huîtres & de ces coquilles que l’on nomme "Cappe sante" en Italie.

[...]

Après le dîner, le Didascalo, ou Précepteur Grec qui avait coutume de me tenir compagnie, vint parcourir avec moi tout le Nord de l'île. Je retrouvai les mêmes plantes dont j'ai déjà eu l'honneur de parler à Votre Excellence, avec le Corsandrum. Après avoir fait environ deux milles ou deux tiers de lieue, nous arrivâmes à une Echelle, où nous trouvâmes une barque qui retournait à Calchi ; je m’y fis transporter pour cinq paras ou douze sols de France, cette traversée n’étant que de deux milles. Je débarquai dans un Village qui est au levand de l’île, et oùl’on compte plus de cent familles, et dans lequel différents Grecs de Constantinoples on des maisons de campagne.

Nous y prîmes le chemin qui conduit à un Monastrère Grec appelé Panaghia ou Notre-Dame, qui est au couchant de l’île, à un mille de l’endroit où nous descendîmes. […]

Nous arrivâmes au Monastère qui est au milieu d’un bois de pins ; ce qui en rend la situation très-agréable. Ce Monastère est d’ailleurs construit dans le goût de ceux d’Europe. (…) Ces Monastères ont plusieurs chambres inutiles, et même des appartements, parce que les Moines n’y sont qu’en très petit nombre ; car ils n’étaient ici que cinq. Une Dame Grecque qui s’était enfui de Pera à cause de la peste et qui se trouvait logée dans ce Monastère, me fin inviter à aller prendre du café dans sa chambre. Je m’y rendis avec plaisir. […]

Comme je savais qu’il y avait plusieurs manuscrits Grecs dans cette maison, je demandai à ce Caloyer s’il ne pourrait pas me procurrer l’occasion de les voir. Il me répondit sur le champ qu’il n’y avait rien, craignant peut-être que je pusse emporter ces manuscrits en les voyant. Cependant, après pluieurs instances de ma part, il se laissa fléchir et cessa de me faire des difficultés ; mais le malheur ou l’excuse fut que l’Igumenos du Couvent se trouvait à Antigoni et qu’il avait emporté la clef de la bibliotheque. Il me fallut prendre patience et remettre le plaisir que j’aurais eu à satisfaire ma curiosité, à une nouvelle occasion. […]

Il y a encore un autre Couvent de Caloyers qui est dédié à la Sainte-Vierge [Sainte-Trinité] et que j’aperçus sur le haut d’une colline du côté du Septentrion. Je m’y rendis pour le voir, parce que je savais qu’il y avait une bonne bibliothèque de manuscrits Grecs ; mais comme il était déjà tard, il ne me fut pas possible d’y entrer. Je remis donc cette partie au jour suivant. [...]

Je retournai à Calchi après le dîner pour y voir les manuscrits qui étaient dans le Couvent de la Trinité. Je pris avec moi le Didiscalo de mon compagnon, ordinaire et nous fîmes le trajet du village des Princes à celui de Calchi, qui est de quatre milles ou d’une lieue et d’un tiers. A peine fûmes-nous débarqués que je montai au monastère où l’on ne me fit plus de difficultés pour me montrer cette bibliothèque. On y entre par une très petite porte qui est dans la chambre de quelques papas. J’y vis pêle-mêle sur plusieurs tablettes au-delà de cent manuscrits en parchemin, dont quelques-uns sont bien écrits et bien conservés, tandis que d’autres sont sans commencement ni fin. Tous les ouvrages sont ceux des Saints Pères, tels que Saint Jean Chrysostôme, Saint Athanase, Saint Basile, Saint Grégoire et plusieurs autres docteurs. On me dit que cette bibliothèque avait été celle du Patriarche… qui ayant été persécuté à Constantinople après son retour du Concile de Florence, finit par être exilé dans cette petite île où il finit ses jours.

Il aurait fallu plusieurs journées pour pouvoir bien examiner tous ces manuscrits, au lieu d’une seule demi-heure pendant laquelle je ne pus voir que les suivans, qui sont en parchemin, sous le format in folio, et bien conservés :

  • Συνταγμα κατα στοιχειον τῶν εὐπεριαλημμένων απασῶν ὑποθέσεων τοῖς ἱεροῖς καὶ θειοις κανοσι πονεθεύδα ἅμα καὶ... τω ελοχιρω ἐν ἱερομονάχοις ματθαίῳ.
  •  Ouvrage de l’évêque Athanase d’Alexandrie
  • Ἡσυχίου περσβ(υτέρου) Ἱεροσολύμων στιχηρων των Δόδεκα Προφητῶν καὶ Εσαιον et de Daniel, de Jérémie et d’Ezechiel.
  • Ἑκαμεριον de Saint Basile, ouvrage composé par Théodore.
  • Τοῦ ἐν ἁγίοις πατρὸς ἡμῶν Γρηγορίου ἐπησκόπου Ναζιανζαινου τοῦ Θεολόγου ἀπολογητ(ικὸν) της εἰς πόντον φυγης ἕνεκεν.
  • Πρᾶξης τῶν ἀποστώλων.
  • Un autre manuscrit a pour titre : Ισον τῆς Διαθήκης αγιου Γρηγοριου τοῦ Θεολόγου. On voit ces mots à la fin : Κληδονιος πρεσβυτερος de l’Église cathédrale d’Eniconium.

Il y avait parmi ces manuscrits plusieurs registres et des missels, dont quelques uns étaient couverts en velours cramoisi et qui avaient servi au même patriarche. Il y a pareillement un Homère que je ne pus pas bien examiner, parce que je fus obligé de sortir de la chambre, pour ne pas incommoder plus long-tems le papas à qui elle appartenait et qui devait aller chanter vêpres.

Il se joignit à moi un prêtre grec ou didiscalo de Constantinople, qui demeurait au village de Calchi et avec lequel j’étais venu de l’île des Princes. Ce prêtre n’était pas aussi ignorant que ses confrères. Il savait très bien le grec littéral et connaissait également les bons auteurs anciens de sa nation, mais il n’était pas habile pour lire les caractères grecs écrits à la main.

(2) Voyage de Constantinople a Bassora en 1781 par le Tigre et l’Euphrate, et retour à Constantinople en 1782, par le désert et Alexandrie, par l’académicien SESTINI, traduit de l’Italien, Paris, an VI, chapitre premier, p. 1:

Le 30 avril 1781, à quatre heures après midi, nous nous embarquâmes à Top-Hana, port de la capitale de l’empire ottoman, dans un bateau grec, et mîmes tout de suite à la voile. En moins de deux heures, nous arrivâmes à Calchi, une des îles du prince. A l’entrée du golfe de Nicomédie, on jeta les yeux pour passer la nuit, sur la maison d’un patriarche grec, déposé et exilé dans cette île. Nous devions nous attendre à être bien accueillis dans une maison dont le maître avait besoin de se faire des amis, pour conserver une tranquillité qu’il avait pourtant chèrement achetée.

Cet exilé est de la maison de Caragia et frère de l’ancien hospodar de Valachie. Il est assez avancé en âge, à l’ouie dure, et on en pourrait dire autant de son caractère que la persécution a peut-être aigri.

Le soleil n’était pas encore couché, quand nous arrivâmes dans la demeure patriarchale. Après les premières cérémonies, je me hâtai de profiter de ce qui restait de jour pour parcourir le jardin. Il touche à la maison, est assez vaste, offre à côté une basse cour bien peuplée et au fond un vivier rempli de poissons.

Je trouvai dans cet enclos, parterre, potager, et verger à la fois ; plusieurs arbres, arbrisseaux et plantes exotiques ou indigènes, l’Obier, le Cytise, le Bois de Sainte Lucie (Prunis Mahaleb), l’Herbe à coton (Filago), l’Arbousier, le Myrtille, le Dipsacus-labrum Veneris, le Faux Acacia, l’Arbre de Judée (Cercis Siliquastrum), le Cornouiller, le Lonicera, la Bruyère multiflore (Erica multiflora), le Genet d’Espagne, la Mauve arbrisseau (Malva arborea), l’Yeuse (Quercus, Ilex), le Maronnier d’Inde, le Silene vaccaria, l’Asphodèle, la Sauge, la Tulipe, la Jonquille, le Syringa, et plusieurs autres arbres, arbrisseaux ou plantes, naturels à l’île ou naturalisés par la culture.

Cette maison paraît avoir appartenu à un certain Panaghiotti dragoman de la Porte ; par une singularité assez remarquable, on y trouve son épitaphe en grec, gravée sur un marbre noir, quoiqu’il soit réellement enterré au couvent de la Trinité. La voici :

CI GIT

Le corps de Panaghiotti

Dragoman du plus puissant des princes,

Dont il mérita la confiance.

Il mourut avant l’âge ;

Et son âme s’est envolée au séjour des bienheureux,

Le 22 septembre 1673.

J’ajouterai ici en passant et par occasion que l’anglais M. Spon dit dans son voyage qu’un certain Edouard Barton fut enterré au couvent de la Trinité sous le règne d’Elisabeth ; il se trompe, c’est dans celui de la Panaghie.

Les grands et les riches aiment à voyager, à condition que ce sera très commodément ; et en cela ils sont excusables. Mais pour se procurer leurs aises accoutumées, ils perdent beaucoup de tems. Nous pouvions, par exemple, faire le lendemain un déjeuner plus matinal et plus court, et partir avant neuf heures ; mais les chaises du patriarche, en paille et à la napolitaine antique, eurent beau être peu commodes, on n’en tint pas moins longtems à table. Le vieux ex-pape d’Orient ne manqua pas, à notre arrivée, pendant notre court séjour et à notre départ, de nous faire bien des protestations d’amitié, plus labiales que cordiales : il oublia encore moins de demander le paiement du souper et de ses poissons. Ils étaient à la vérité excellens, surtout les plies et les carrelets, dignes par leur délicatesse de faire ressusciter le fameux gourmet Apicius.

On les paya un peu cher, quoiqu’on eût bien abreuvé le patriarche moderne de bon vin de Bordeaux, et qu’il eût pris sa part d’un excellent jambon de Mayence : mais les ambassadeurs n’y regardent pas de si près, de minimis non curat praetor, et notre hôte eut lieu d’être satisfait.

Nous étions arrivés le soir en bateau grec et les gens dans une de ces grandes barques turques qui portent le nom de Nicomédie où on les construit. Le vent était violent et la mer grosse : nous montâmes sur la barque turque qui résistait mieux au courant.

Texte italien:

(1) Lettere del signor abate Domenico Sestini, scritte dalla Sicilia e dalla Turchia a diversi suoi amici in Toscana, t. VI, Livorno, 1784, p. 190-217.

Il dopo pranzo poi il Sig. Dott. Lucci, il quale sapeva che volentieri mi accompagnavo colla professione Medicea, per aver campo di poter fare in consequenza delle osservazioni, mi pregò se voleva tenergli buona compagnia fino alle Isole dei Principi mediante che doveva andare a prescrivere certi medicamenti ad alcuni figli d’un Greco Negoziante; ma in quel momento essendogli arrivati alcuni affari di maggiore importanza, per i quali non potendo più andare, incaricò me di fare le di lui veci con avermi prescritta la maniera, con cui doveva contenermi, che era facile, mentre non si trattava se non di dare certe purghe molto semplici, con variazione di dose, secondo la diversità degli anni, e della complessione.

Accettai molto volentieri l’indossatomi ufizio, ed infatti poco dopo insieme con il Mercante Greco abitante in Galata scendemmo alla marina, che potevano essere le ore 5., ove appunto la di lui barca si ritrovava già pronta a tale effetto; nella quale entrati, essendo a tre paja di remi, pigliammo la punta del Serraglio Serai-Burnu detta, o sia l’antica Acropolis, incamminandoci verso l’Isole, che restano in linea retta a Costantinopoli, restando la prima distanta da 10. miglia, e l’ultima 20.; alle quali arrivammo cioè a quella detta dei Principi, che è la quarta, sulla sera dopo tre ore di cammino con continuamente remare, e con una calma di mare, che rendeva tranquilla la spasseggiata, godendo per lo avanti d’un bel colpo d’occhio di tutta la Città di Costantinopoli fino alle Sette Torri, che è uno spazio di sette miglia con tutti gli altri Villagi, e Città circonvicine, che per verità non saprei descrivervi quanto incanta qualunque forestiero, e molto più gli osservatori delle bella, e vaga Natura. Siccome poi venivamo da Costantinopoli, ove la peste aveva principiato a manifestarsi, dovemmo fare un profumo ai nostri abiti con bruciare delle foglie di frasche di Oxicedrus, dopo deil quale ci mettemmo a cena, ove gustai dei buoni, e saporiti pesci, che si pigliano all’intorno delle Isolette.

La mattina mi svegliai di buon’ora con dare gli accennati medicamenti a tutta la famiglia di questo Negoziante, che consisteva in tre maschi, ed una figlia. Dopo andai a spasseggiare per il Villaggio, il quale non consiste, se non in una sfilata di case piantate lungo la marina, le quali per restare fabbricate vicino all’orlo del mare impedisconon di potere godere della marina stessa, che bensì godono quei che le abitano, che sono tutti Greci, e le quali già sono fabbricate di legname, e secondo la descrizione fattane in altre mie, non dimorandovi alcun Turco, a riserva dell’Agà, a cui sono sottoposte, ed il quale resta a Maltepe, Villagio d’Asia dirimpetto a queste Isole, il quale va, e viene continuamente, ora posandosi da questo, ed ora da quell’altro particolare. Indi entrai in una Chiesa Greca Parocchiale ufiziata da due, o tre Monaci Greci, ed intitolata la Chiesa di S. Dimitri, o Demetrio. Assistei alquanto alla loro Messa, che era sul fine, essendo curiosa la maniera di segnarse degli ascoltanti, e quella di ripetere continuamente, ed ad ogni momento il Kyrie Eleison; indi me ne ritorni a casa per assistere agli ammalati.

Il dopo pranzo il Didascalo, o Maestro di questi ragazzi, per nome Giovanni Negremi della Morea, giovine versato nel greco litterale, e nella lingua latina, e italiana, si degnò di andar meco a spasseggiare per l’Isola, che pigliando lundo la spiaggia dalla parte d’oriente, doppo un miglio di cammino osservai alcuni avanzi di fabbriche antiche, luogo detto i Bagni, i quali consistevano in un edifizio di figura rotonda costrutto con mattoni, e con pietre dell’isola stessa, formando dentro un piccolo teatro, il di cui diametro potrà essere di braccia 10. mantenendo tutta la sua rotondità, con mura ben forti, e grosse, avendo dalla parte che guarda il levante una vasca, servendo come di fontana. Io per verità non saprei che pensare di un tal edifizio, credendo forse che avesse potuto servire per qualche conserva, o ricettacolo d’acque, mentre più vicino al mare ben si scorgono altri avanzi di fabbrica, che danno tutta l’apparenza di stufe, e bagni, dove veniva dell’acqua, e della quale ancora si vedono i passaggi, il che è degno di ammirarsi, essendo questo edifizio qualche opera degl’Imperatori Greci, che qui venivano a passare il tempo delle loro villegiature, motivo per cui quest’Isola viene detta de Principi, essendo l’aria salubre, ed il clima ameno nella bella stagione, che se avessi fra mano Pocop Viaggiator moderno, il quale ha visitate quest’Isole, facilmente potrei descrivervi quello, che esso ha opinato intorno ad un tale edifizio.

[...]

Il dopo pranzo poi presi il solito Didascalo per girare l'isola dall'altra parte di settentrione, ove rinvenni le solite piante con del Corsandrum, che dopo aver camminato da due miglia arrivammo ad una Scala, ove essendovi una barchetta, che ritornava a Calchi, con cinque parami feci tragittare, essendo la traversata di gue miglia, e sbarcai al villaggio, che resta dalla parte di levante abitato da più di cento famiglie, e dove diversi Greci di Costantinopoli hanno le loro case di campagna.

Di qui pigliammo la strada per il Monastero detto Panaghia, o della Madonna, che resta a ponente dell'isola, e lontano un miglio, osservando oltre le solite piante, della Gentianella humilis flore luteo essendo alcuni campi tenuti a vigne, il che non si osserva nelle altre Isole.

Arrivammo al suddetto Monastero, il quale resta in mezzo ad una pineta, o bosco di pinastri, che rende la situazione molto amena, essendo anchi ciò sul modo europeo.

Entrato nella Chiesa, la quale è fabbricata sul gusto di quella di Calcedonia, osservai diverse Immagini molto curiose, dipinte già secondo il fare dei Greci, che molte vengono dalla Moscovia.

Accando a questa se ne osserva un'altra ora demolita, ma eretta già fin dai tempi dell'Imperatore Gio. Paleologo, mostrandomi uno di quei Calojeri alcuni pezzi di un marmo, che uniti insieme così lessi.

Questi Monasteri non mancano di avere diverse camere inutili, e quartieri, mentre i Monaci sono anche pochi ; potevano essera da cinque.

Qui poi ritrovandosi una Signora Greca, che era fuggita da Pera, mediante la peste, m’invitò che io andasse a bevere il caffè nella sua camera, che aveva preso in affitto da questi Monac i; primieramente mi portò con la solita cerimonia del candito con l’acqua, che l’osservai molto rossa, proveniente dalle particelle d’ocra marziale, che si filtrano, essendo peraltro dolce, e fresca, e domandando, se dal bevere quest’acqua ne risentivano degl’incomodi, mi dissero quei Monaci di no; ma bensì due erano attaccati continuamente da un male polmonare, tossendo ad ogni momento.

Questa Signora poi sentendo che io era curioso, ebbe la compiacenza di farmi chiamare un Monaco, che parlava Italiano, ed il quale mi poteva dare qualche lume. Esso venne, dicendomi, che era Corfiotto, cioè di Corfú, ma di nascita Spagnuola, della famiglia di Caruso, il quale invece di darmi delle notizie di questo lor Convento, si messe a farmi un racconto dei discendenti della sua prosapia, che forse, lasciandogli continuare il discorso, avrebbe trovato, che anche avanti di Adamo si ritrovava qualcheduno della sua razza.

Sapeva bensì, che si ritrovavano molti libri Greci manoscritti; lo richiesi allora se si potevano vedere; dissemi, che non vi era niente, dubitando forse di qualche cosa, come se nel solo vederli li dovessi porta via; finalmento dopo tante persuasive, non ammesse difficoltà, ma il male si fu (o scusa, che fossesi) che l’Igumenos del Convento si trovava ad Antigoni, e che non si potevano vedere, per avere esso la chiave; convenne aver pazienza, e rimettere la curiosità ad un’altra occasione, dispiacendomi bensì all’infinito di non aver potuto contentare un quel momento una tale curiosità.

Sotto al convento poi, poco distante dalla marina, ove il mare fa un piccolo seno, esiste la miniera di rame, per la quale lisola piglia la sua denominazione di Kalki, che significa Rame. Osservai, che hanno fatto delle scavazioni, e Tott fu uni di quei tanti che inutilmente fece delle esperienze, lasciando in seguito ogni ritrovato.

Non potei propiamente vedere il luogo ove avevano principiato gli scavi, se non che un monte messo in disordine, ma superficialmente. Molti recrementi metallici ritrovansi a basso della marina, ove hanno fatto delle esperienze.

Di là pigliando la parte d’ostro, e levante mi portai ad un altro monastero detto di S. Giorgio, ove niente si osserva di curioso, essendo moderno, nella di cui Chiesa vi è anche una maggior decenza di tutte l’altre, essendo il suo pavimento fatto ad ambrogiette di marmi turchini dell’isola di Tino, e bianchi di quelli dell’isola di Marmora.

In questo tratto di cammino che feci, osservai dell’Hippocistus, che nasce tra il Ladano, la quale è una pianta da non disprezzarsi per l’uso, che ne viene fatta dagli speziali.

Altro convento poi di Calojeri, restavi dedicato alla Santissima Trinità, che si osserva sull’alto di una collina verso la parte di settentrione, che mi portai a vederlo, ove propriamente vi esiste una buona libreria di libri manoscritti greci, che l’ora essendo tarda, non potei vederli, rimettendo la partita per il giorno susseguente, osservando nel ritorno della Genista. Con altri cinque parami feci tragittare di bel nuovo nell’Isola dei Principi, detta anche Μεγαλη νισίαn cioè Isola grande, riguardo alle altre, potendo essere quella di Calchi, del circuito di tre miglia.

Quest’isoletta à molto amena, e deliziosa; abbonda di Ciliegi, di Cotogni, di Fichi, di Nespoli; vi è il Therebintus Indica; l’Arbutus, il Mirthus, l’Azederac, l’Ilex, ed un Citisus, facendovisi poi molti erbaggi per consumo degl’individui.

La mattina (4 Maggio) di buon’ora andai al Monastero di Gesù Cristo, ove pure feci alla greca; l’Ebdomadario, e l’Igumenos, componevano tutto il Coro, al quale ajutano anche le persone secolari.

Dopo la messa l’Igumeno ci ganzò il caffè con il latte, indi pigliammo la strada per il Monastero di S. Giorgio, che resta in alto di una montagna, piantato tra’ rupi scoscese nella parte meridionale, solenizzandosi appunto in quel giorno la festa di S. Giorgio, Santo particolare dei Greci.

Io non ardii di entrare in Chiesa per il grand popolo, evitando ciò per non essere disgraziatamente attaccato dalla peste, che poteva regnare in molte di quelle persone che frescamente erano venute da Costantinopoli; onde non so che dirle della loro Chiesa, che non è però differente dalle alter; bensì le parlerò, come intorno alla medesima si vedeva chi a gran fuoco arrostiva un agnello intero, chi infilava in un grosso palo un montone per arrostirlo, e mangiarlo insieme con gli amici, dopo le funzioni della Chiesa, chi concertava un ballo, chi suonava un istrumento, e chi un’altro, e chi cantava, che per verità mi pareva di ritrovarmi a quelle Feste Orgigie, che si facevano in onore di Bacco, chi si divertiva con grosse pietre del peso di 30. in 40. libre per tirarle con una sola mano più lontano, che è un giuoco molto antico, addestrandosi così alla forza, o che i Turchi parimente praticano di fare. In somma non si va lontani dalla maniera di pensare di diversi popoli di santificare le Feste in tale guisa.

            Ritorno facendo verso casa, il Didascalo mi mostrò il luogo, ove era stato seppellito S. Teodoro Stilita, non vedendovisi altro se non che una piccola capannetta per conservarne la memoria.

Poco più in là esistono degli olivastri molto belli, e i quali avevano ancora le olive vecchie, ben nere, e le quali mi lasciarono le dita molto colorite.

Ritornato a casa fui invitato ad andare ad assistere ad un Battesimo Greco, che si fece alla Chiesa di S. Demitri.

Primieramente andammo con diversi amici a pigliare il compare che restava in casa della comare, accompagnandolo alla Chiesa, ove arrivato, ed entrato dentro, osservai quasi nel mezzo della medesima una coppa di rame, dove dovevano immergere il bambino, che era dell’età di 40. giorni. Indi appresso venne con il medesimo la levatrice, restando fuori della porta principale della Chiesa, ove si portò il Parroco con la stola leggendo alcune orazioni, finie le quali prese il bambino tenendolo a giacere sopra le sue braccia, e le condusse nel Sancta Sanctorum, entrando prima per la porta di pezzo, e facendolo uscire dalla porta del Cornu Evangelii, presentandolo a Cristo, ove è l’Immagine, per essere maschio, mentre se era femmina, sarebbe stato presentato alla Madonna, della quale pure vi è la sua Immagine; e posato in terra dalla parte dell’Epistola andò la levatrice a pigliarle.

Dopo ciò il Papas si para con i vestimenti sacri, cioè si mette il φενολιον, e l’εγιστρακιλιον cioè, Piviale, e Stuola, e va al vaso, Kolinyitra, detto, recitando altre orazioni, con tenere la mano destra sempre sul volto del Neofito, ciò significando la buona intenzione del Patrino a battezzarlo. Indi passano alla benedizione dell’acqua, che tiepida avevano messa avanti. In seguito si fa la benedizione dell’olio, del quali il Papas ne mette alcune goccie nelle mani del Padrino con ungere in cinque luoghi il corpo del bambino, che dopo che l’ha praticato il Papas, pure il Padrino unge tutto il corpo del pargoletto. Indi viene versato l’olio nel Kolinvitra, dicendo sempre delle orazioni. Dopo di che il Prete le battezza, immergendolo per tre volte in quella coppa.

Fatto ciò lo dà al Patrino, che tiene in braccio diverse tovaglie, per rinvolgerlo. Dopo gira tre volte intorno al vaso, fermandosi ad ogni parte in croce, e il Prete lo incensa e risorna a dire altre orazioni, finite le quali passa ad ungere il bambino con l’Αγιον μυρρον. Indi dic delle orazioni, pigliando della cera in mano, con tagliare in croce alcuni capelli del bambino, i quali attacca a detta cera la quale getta nel vaso; poi bagna con acqua pura l’Epitrakilio, e asperge il viso del bambino, dicendo ευατιστης, εφοτιστης, εμορροθης, ηγιαστης, ec. Indi piglia i vestimenti, i quali benedisce, mettendoli alla rinfusa sul bambino, dicendo altre orazioni, tenendo il Patrino una candela in mano accesa, e così finì il battesimo, nella fine del quale un uomo prese per di dietro il Patrino, mettendogli le mani nelle brachesse, con stringerlo strettamente, αξιος dicendo, il che significa, che esso sia degno di tenere altri a battesimo, ciò facendo per avere una buona mancia, mentre è costume di dispensare a tutti gli astanzi del danaro per memoria, essendomi toccato un pezzo di cinque parà, il che fu una cosa molto ridicola nel vedere un mascalzone fare un tale atto; finalmenta la levatrice ripigliando il nuovo battezzato, tutti in processione con il Papas si tornò alla casa della madre, ove vicino alla porta il Prete prese in braccio il bambino per consegnarlo alla madre, la quale stà alla porta, ove lo riceve, e la quale prima s’inginocchia baciando per tre volte la terra, con distendersi avanti i piedi del Papas, il quale dice nell’atto della consegna: Vi consegno, o comare, questo bambino; conservatelo bene insino a dodici anni per coronarlo, e in quel tempo si augura alla comare il να το χιερεσται, cioè per goderlo, essendo fatto questo battesimo con gran pompa, e cerimonia, mentre in Costantinopoli non si potrebbe vederciò, battezzandosi il più delle volte in casa.

Il dopo pranzo pensai di ritornare a Calchi per vedere i libri manoscritti che restavano al convento della Trinità, presi il solito Didascalo, e fatto il tragitto dalvillaggio dei Principi a quelle di Calchi, que è di 4 miglia ; di un subito sbarcato montai al Monastero, ove non fut fatta difficoltà alcuna per mostrarmi questa libreria, per entrare nella quale si passa per un piccolo usciolino che resta un una cella di qualche Papas, ove alla rinfusa in più scaffali osservai da più di 100 libri manoscritti in Membrana, alcuni bene scritti, e ben conservati, altri senza i principi, e senza la fine ; essendo questi tutti libri di Santi Padri di S. Gio. Grisostomo, di S. Atanasio, e di S. Basilio, di S. Gregorio, e di altri SS. Padri, la quale libreria mi dissero, che era del Patriarca …, il quale ritornando dal Consilio Fiorentino, e perseguitato in Costantinopoli, paaaò i suoi giorni di esilio in questa Isoletta.

Sarebbero stati necessari più giorni, per potere ben riscontrare tutti i detti libri, e non una mezz’ora di tempo, che ebbi, e nella quale non potei vedere, se non i seguenti in cartapecora in foglio e ben conservati.

  • Συμταγμα καταστοιχειον τῶν ἐνπεριαλημμένων απασων ὑποθέσεων τοῖς ἰεροῖς και θαοις κωνοσι πονηθένδα ἅμα και ... ... τω ελοχιρω ἐν ἰερομονάχοις ματθαῖω.
  • Libro del Vescovo Atanasio Alexandrino.
  • Ἠούχιον πρεσβού ιεροσολύμων στιγηροντων. Δόδεκα προφητῶν καὶ ησαιον, e di Daniel, di Geremia e di Ezechiel.
  • Εκαμεριον di S. Basilio. Opera e fatica di Teodoro.
  • Τοῦ ἐν ἁγίοις πατρὸς ἡμῶν γρηγορίου Ἐπησκόηου Ναζιαντιανοὺ τοῦ θεολόγου απολογητὴς της εις ποντφυγης ενθκεν
  • Πρᾶξης τῶν Αποστώλων
  • Un altro poi contiene : Ισον τῆς Διαθήκης αγίου γρηγοριου του θεολογου. In fine sottocrisse Κληδονιος πρεσβυτερος della Chesa Cattedrale di Eniconio.

Molti altri libri poi erano dei Mensuali, e dei Messali, avendo alcuni le coperte di un velluto cremisi, i quali avevano servito all’istesso Patriarca. Vi è poi un Omero, che non potei bene esaminare, mentre mi fu necessario di abbandonare la stanza per non dare maggiore incomodo a quel Papas, che doveva andare a cantar verpro.

Meco si unì un Prete Greco, o Didascalo di Costantinopoli, che restava al Villagio di Calchi, con il quali anzi eramo venuti insieme da quello dei Principi, ed il quale non era tanto ignorante, sapendo bene il greco litterale, con conoscere anche le opere degli antichi loro scrittori. Non era poi tanto bravo a leggere simili caratteri a penna.

Presi al ritorno, che feci, sotto il convento, ove osservai del Trifolium Bitumen redolens.

Scesi al Villaggio, ove entrando in un’osteria per bere un bicchier di vino, che era bianco, dolce, ed abboccato, che portano dalle parti di Asia, e dalle vicinanze di Nicomedia, trovai molti Greci a sedere sopra piccoli, e bassi panchetti intorno alla stanza, od osteria, essendovi del ragazzi greci ben vestiti dell’ età di 10. e 12. anni con faccia muliebre, e lusinghiera, che nel tempo che uno beve, e mangia, essi trattengono la brigata con intrecciare a suono di lira, e di chitarra certi balli, che consistono in cinque, o tre passi, che due avanti, e tre addietro, oppure due avanti, e uno addietro, gesticolando le mani in diverse maniere, nel vedere i quali scorgeva la loro maniera antica di ballare; i quali ragazzi poi sono regalati, e manfiano a loro piacere, riconoscendo indi un capo, che gli trattiene; il quale mangia sopra i medesimi per poter pagare al Turco, per avere una simile permissione.

Questi ragazzi poi per la loro faccia affemminata, son causa, che alcuni della brigata, e per lo più i Turchi s’impiegano con essi in esecrandi piaceri.

Ritornai all’Isola dei Principi, ove trovai l’Agà di Maltepe, a cui sono sottoposte quest’isole, stando a vedere ballare altri giovani che erano venuti avanti di lui, e con esso mi abboccai su materie mediche, solito piacere di questa gente.

Di là andammo sopra un prato grande, che resta dietro il Villaggio, ove vi è un pozzo d’acqua buonissima. Vi si ritrovava allora molta gente, e la maggior parte ubriaca, che ritornava dalla Festa di S. Giorgio, stando a sedere in tante file, ed in turme; là si suonava, là si ballava intorno a quel pozzo, come se fosse stata fatta qualche festa in onore di Diana, oppure di Bacco, mentre i satiri, i fausi, ed i silvani, e tutta l’agreste turma si osservava; vedendo deil balli intrecciati curiosamente, e girando intorno a quel pozzo. Ma venendo l’Agà tutto cessò, e molti istrumenti si unirono insieme, essendovi anche dei Franchi, e dettero un concerto all’Agà, restando tutti a sedere sopra quel prato alla maniera orientale, con esservi distesi dei tappeti.

L’Agà dimostrò il suo adprobatio, ed alora quei Dansatori Greci, che si chiamano Jamacchi intrecciarono altri balli curiosi, e lusinghieri.

Per avere la permissione di potere andare a sonare, e ballare per le taverne, il capo di questi ragazzi, che in tutti sono da quattro per ogni brigata, pagherà per un anno cinque, o sei Borse, che si pagano al Vaivoda di Galata, la qual permissione si dà nel mese di Marzo; onde veda se vi è per l’una, e per l’altra parte del guadagno.

Mi allontanai allora alquanto per vedere di ritrovare qualche altra curiosità, veddi gli avanzi di una fabrica rotonda molto vasta, che dicono essere state antiche Torri, come dimostrano, mentre i Principi, che venivano esiliati da Costantinopoli a tempo degl’Imperatori Greci, gli rilegavano in queste Isole, che in tempo d’inverno si rendono impraticabili, restandovi poca gente, nè tampoco i tempi di mare permettono di potere approdarvi, e di poter sortire nemmeno atteso i venti di scirocco, e di levante, che sono terribili. Ben è vero però, che l’estate, e parte dell’autunno si passa piacevolmente, essendo allora il soggiorno ameno.

L’Agà poi venne a cena dal Mercante, ove non bevve vino per essere scrupoloso in questo punto; bensì l’anno passato ne beveva, secondo mi fu detto. Sa bene l’arabo, ed è stimato per essere di un giusto carattere.

Dopo cena era stabilita una partita di andare ad Antigoni con l’Agà ad una sua casa per passare la notte in canti, ed in balli all’uso turco, ma il mare era forte, e guastò un tal disegno, che mi sarebbe stato piacevole, onde l’Agà restò a dormire in detta casa.

Questa mattina (5. Maggio) convenne partire per Pera.

(2) Viaggio da Costantinopoli a Bassora fatto dall’Abate Domenico Sestini, Yverdun, 1786, p. 1-5:

Il dì 30 Aprile [1781] adunque verso le ore quattro pomeridiane c’imbarcammo alla Scala di Top-Hané, in una barca delle Isole, e messici di un subito alla vela, un meno di due ore arrivammo a quella di Calchi; per passare la notte gettammo l’occhio sulla casa di un Patriarca Greco deposto, ed in consequenza nella tranquillità del suo ben pagato esilio, che non poteva fare a meno di non bene accogliere la brigata.

E’ questi il Patriarca Giovannino della casa Caragià, fratello di Michele Caragià, che fu Principe di Valachia. Egli è piuttosto avanzato in età, ed ha l’udito un poco grosso, e credo che tale sia anche in tutto il suo fare.

Restava un’ora di tempo prima che si facesse sera, che impiegai nel fare le mie osservazioni bottaniche. La vegetazione era quì alquanto avanzata, riguardo a quella di Costantinopoli, per essere stato l’Inverno molto crudo.

Visitai prima di tutto il giardino patriarcale, che unito alla sua abitazione, ad una uccelliera, e a una buona peschiera, può dirsi Deus nobis haec otia fecit; quì osservai della

Syringa Vullgaris, * Πασχαλια

Malva Arborea

Lithospermum Officinale

Viburnum Opulus, * Ακαρνια

Cistus Ladanifer

Citisus Spinosis, Σπαλατο

Spartium Junceum, Σπαρτι

Erica vulgaris, φουνδα

Eruca Multiflora

Lichen Coralloides

Esculus Hyppocastanum*

Poa Bulbosa

Silene Vaccaria

Carduus Marianus

Calendula Officinalis

Quercus Ilex, Πριναρι

Salvia Pratensis

Scorzonera Officinalis

Scherardia Arvensis

Bellis Annua

Asphodelus Ramosus

Filago Fistulosus

Arbutus Unedo* Κομμαρα

Cornus Mascula*

Myrthus Italica, Μυρσινι

Lonicera Caprifolium Αγιοκλημα

Anthemis Tinctoria

Dipsacus Labrum veneris

Prunus Muhaleb

Rosmarinus Officinalis Δενδρολιβανι

Coniza Pulicara

Lavendula Stoechas Μαυροκεφαλο

Robinia Pseudo Acacia*

Cercis Siliquastrum*

NB. L’asterisco denota che tali piante vengono coltivate nella suddetta Isola.

Nel giardino suddetto poi si osservavano diversi Tulipani e Giunchiglie, e vi erano molti alberi fruttiferi, e specialmente dei Ciliegi.

Prima che me ne scordi, merita che quì vi trascriva l’Epitaffio di un certo Panaghiotti, che fu Dragomanno della Porta, e che si acquistò molta reputazione. Il medesimo resta nel Convento della Trinità, ove fu sepolto.

Cioè :

Qui giace il Corpo di Panaghiotti Interpetre di un Monarca potentissimo, ch’è stato in grande considerazione tra le persone di merito, e che ha tenuta la sua dignità dell’Imperio. E’ morto in tempo immaturo, e la sua anima se n’è volata nel’ soggiorno dei Beati il di 22 Settembre 1673.

Mr. Spon poi nel racconto dei suoi viaggi dice, che pure vi si ritrova sepolto un certo Eduardo Barton Inglese con il titolo di Eques, che’era in Costantinopoli sotto il Regno della Regina Elisabetta. E’ al Convento della Panaghìa.

 

1 Maggio. Martedì.

I Signori grandi per la più hanno piacere di viaggiare, ma di non perdere I loro comodi, ed in questo sono scusabili, e chi lo può fare ha tre quarti di ragione; ma si poteva far più presto colazione per non ridursi a partire alle ore 9. della mattina, molto più che tanto a cena, che a quella ci convenne sedere sopra certe seggiole di paglia alla napoletana, che anche nella loro moda antica non sembravano nè tropo comode, nè troppo patriarcali.

Il Despota non mancò tanto nel breve spazio del nostro allogio, che nel congedo di ricolmarci di molte espressioni labiali, ma non cordiali, facendoci alla fine pagare la cena, ed i suoi pesci, dei quali ne teneva una buona peschiera, come buon vivente, e specialmenti si ritrovava abbondante, e ripiena di grossi Rombi, che avrebbero fatto resuscitare un Apicio.

Basta de minimis non curat praetor; anzi fu pagato generosamente, benchè fosse stato trattato a tutto pasto con del buon vino di Bordeaux, e di un excellente prosciutto di Wesfalia.

La sera come dissi, eramo arrivati in battello, e l’quipaggio in grossa barca turca, che si chama Ismid-Kaighì (Barca di Nicomedia) loro luogo di costruzione; ma per il vento forte, e per essere il mare troppo agitato pensammo di servirsi della più grande, mentre il battello greco resisteva alla maréa con difficoltà.

(3) Viaggi e opuscoli diversi di Domenico Sestini, Berlin, 1807, p. 146-147.

[...] fatte le nostre provisioni, il dì 16. di buon mattino lasciammo Mudagnà, ma datasi la combinazione, che il lesto della barca, che i Greci chiamano Volikkio, ch’ è peraltro una specie di Feluga, non era troppo sufficiente, ed era anzi a Leggio, come si dice, mentre incontrato un forte, e burrascoso vento a Bùz-Burnù, l’antico promontorio detto Posidium, secondo Tolomeo, poco mancò che non facessimo naufragio, e la paura ci accompagnò fino a tanto, che non entrammo in Antigòni che fu verso la sera, e che appena scesi a terra arrivò una burrasca, che se ci ritrovavamo ad essere un’ ora distanti, certamente bisognava perire.

Non mi ricordava più, e sembra una verità, che era questo il giorno nefasto dei marinari, denominato il giorno di S. Gallo, messo in tutti quasi i Lunari, giorno di tempesta, di burrasche, e di perdite di bastimenti, giorno che mi sono ritrovato spesse volte in mare, con avere sofferto delle forti tempeste.

Il timore adunque dileguatosi, essendo in luogo sicuro, pensammo di scambiare tutti i nostri abiti ben bagnati dalla pioggia, e dall’ acqua del mare, e i miei Ciokadari più vigorosi di me già avevano preso una buona dose di vino, e fatta preparare una buona cena, con rifocillarsi alquanto, ma più di tutto essi bevvero come Satiri, tanto sono disordinati, allorché escono dai gangheri, non sapendo più contenersi nei veri limiti della discrezione, che mi convenne pagare cara.

Antigòni è la seconda isola, dopo quella dei Principi, e in Turco chiamasi Burgàs, vi è alla spiaggia un villaggio di Greci con molte osterie, o taverne. In queste isole i Rajà del G.S. cioè i Greci, gl’ Armeni, e gl’ Ebrei vengono spesso a diporto, per divertirsi, e per mangiare, e bevere, godendo per dir così, una specie di libertà, che non possono avere a Costantinopoli, dove si fanno diverse partite di più persone, per venire a passare qualche giorno, per ricrearsi.

Mi ricordo ad un tal proposito che una partita d’Armeni ne riscontrai in altro tempo, all’isola dei Principi.

Generalmente si uniscono da trenta o quaranta persone, e le quali principiano a far borsa comune, con destinare ogni settimana, diciamo per esempio, otto parà, e quando la somma si ritrova ad essere di 100. o 200. piastre, allora si portano in una di quest’ isole e si divertono fin’ a tanto, che vi è danaro, finito il quale se ne ritornano a Costantinopoli, contenti d’aver goduto di qualche momento di libertà presa nella loro soggezione al Turco.

In cima poi di questo scoglio vi è un monistero di Calojeri, spesso visitato dai Greci di Costantinopoli, allorché segue il giorno festivo del Santo tutelare del medesimo.

La mattina susseguente, avendo lasciato i miei Ciokadari, presi un battello dell’ isola, a tre paja di remi, e dopo 4. ore arrivai a Pera, alquanto incomodato da un tal viaggio, ma contento dei miei acquisti fatti in genere di medaglie, pietre incise, iscrizioni, e piante.